Publié le 10 novembre 2025 à 11h28. La Russie et la Corée du Nord accélèrent leur coopération en construisant le premier pont routier reliant les deux pays, un projet qui pourrait contourner les sanctions internationales et renforcer les liens stratégiques entre les deux régimes.
- Un nouveau pont routier est en construction sur le fleuve Toumen, reliant la Russie et la Corée du Nord.
- Les travaux progressent rapidement, avec des piliers déjà érigés de part et d’autre de la rivière.
- Ce projet s’inscrit dans un renforcement de la coopération bilatérale, notamment avec la signature d’un traité de partenariat stratégique global.
La construction d’un pont routier reliant la Russie à la Corée du Nord franchit une étape importante, comme le montrent de récentes images satellite. Ce projet, inédit, témoigne de l’approfondissement des relations entre Moscou et Pyongyang, qui ont considérablement renforcé leur coopération depuis 2023, notamment à travers une série de sommets.
En juin 2024, les présidents Vladimir Poutine et Kim Jong-un ont officialisé cette nouvelle dynamique en signant un « Traité de partenariat stratégique global ». Ce texte renforce les liens bilatéraux et prévoit une assistance militaire mutuelle. La construction du pont sur le fleuve Toumen, qui marque une nouvelle étape dans cette coopération, est un élément clé de ce partenariat.
Jusqu’à présent, seul un pont ferroviaire vétuste, datant de l’époque soviétique, reliait les deux pays. Les travaux du nouveau pont routier, débutés en avril 2025, progressent à un rythme soutenu. Selon un rapport récent du Center for Strategic and International Studies (CSIS), un groupe de réflexion américain, la structure russe dépasse désormais d’environ 110 mètres dans le fleuve, et les piliers de support sont achevés. Du côté nord-coréen, le chantier s’étend sur près de 150 mètres, avec six piliers érigés et les fondations creusées pour deux piliers supplémentaires.
Les images satellite révèlent également la construction d’un complexe frontalier d’environ cinq kilomètres carrés du côté nord-coréen, comprenant un entrepôt, un bâtiment des douanes, un atelier de véhicules, ainsi qu’un parking pour le relais des conducteurs, qui ne seront pas autorisés à traverser la frontière. Le pont, une fois achevé, devrait mesurer près de cinq kilomètres de long (incluant les routes d’accès), selon les médias russes.
Les analystes du CSIS estiment que cette accélération des travaux témoigne de l’importance croissante du commerce entre les deux pays, en particulier dans le contexte de la guerre en Ukraine. Ils soulignent que le trafic ferroviaire a également augmenté sur la ligne existante.
L’expert nord-coréen Frédéric Spohr explique que, bien que le nouveau pont n’ait pas d’impact direct sur le conflit ukrainien, il illustre l’ambition des deux États à renforcer leur coopération. Il estime que ce pont pourrait permettre à la Russie de contourner les sanctions internationales et de dissimuler ses échanges commerciaux.
« Le nouveau pont rendra encore plus difficile la surveillance du commerce entre les deux pays et la Russie pourrait grâce à ce pont éviter les sanctions contre ses propres navires. »
Frédéric Spohr, expert nord-coréen, cité par le journal “Bild”
Malgré l’approche de l’hiver, les experts du CSIS prévoient que le pont sera achevé au premier trimestre 2026.
Newsweek a également couvert l’avancement de ce projet.
Le journal “Bild” a également publié un article sur le sujet.
