Publié le 3 décembre 2025 17:11:00. La Russie et le Myanmar ont renforcé leur coopération militaire en organisant des manœuvres navales conjointes en mer d’Andaman, mettant l’accent sur la lutte anti-sous-marine et la sécurité maritime dans une région géopolitiquement sensible.
- Des exercices anti-sous-marins et anti-piraterie ont été au cœur des manœuvres “Marumex-2025”.
- La marine birmane a déployé des navires de guerre récents, construits localement, ainsi que son sous-marin de classe Kilo.
- Cette coopération militaire s’inscrit dans un contexte de tensions régionales et de projets commerciaux potentiels, notamment la construction d’un port en eau profonde et d’une centrale nucléaire.
La Russie et le Myanmar ont mené à bien un exercice naval conjoint de deux jours à la mi-novembre dans les eaux de la mer d’Andaman. L’opération, baptisée “Marumex-2025”, visait à perfectionner les compétences des deux marines dans des domaines clés tels que la lutte anti-sous-marine et la lutte contre la piraterie, avec des tirs réels, des opérations aériennes et l’utilisation du sous-marin birman comme cible d’entraînement.
La marine birmane a mis en scène une flotte composée des frégates de classe Kyan Sittha, l’UMS Kyansitta (F12) et l’UMS Sinphyushin (F14), ainsi que de la corvette de classe Anawrahta, l’UMS Tabinshwehti (F773). Ces trois navires, dotés de technologies furtives, ont été construits relativement récemment dans les chantiers navals du Myanmar. L’UMS Minye Theinkhathu (S71), un sous-marin de classe Kilo acquis d’occasion en Inde après une modernisation dans les chantiers Hindustan, et le navire de débarquement de classe Makassar, l’UMS Muttama (L1501), construit par Dae Sun Shipbuilding en Corée du Sud, ont également participé aux exercices. Les images diffusées par Spoutnik montrent que l’ensemble de la flotte birmane était en bon état de fonctionnement.
La délégation russe provenait de la Flotte du Pacifique et comprenait la frégate de classe Udaloy, le RFS Marshal Chaposhnikov (F543), la corvette de classe Gremyashchiy, le RFS Gremyashchiy (F337), et le pétrolier de classe Boris Chilikin, le Boris Butoma (OMI 8842557). Avant de rejoindre le Myanmar, cette flottille a fait escale à Da Nang (Vietnam), à la base navale de Sattahip en Thaïlande et à Sabang (Indonésie).
Un hélicoptère de combat anti-sous-marin Kamov Ka-28 Helix, piloté par un équipage mixte birman et russe, a été aperçu en vol pendant l’exercice. La marine birmane disposerait de deux de ces appareils, initialement destinés à opérer à partir de ses frégates de classe Kyan Sittha, mais également utilisés par les frégates russes de classe Udaloy.
L’utilisation du sous-marin birman de classe Kilo a offert aux deux marines une occasion précieuse de s’entraîner à la guerre anti-sous-marine. Des drones cibles ont également été utilisés lors d’exercices de tir réel contre des menaces aériennes. Selon les observateurs, l’ambition des objectifs d’entraînement conjoints semble supérieure à celle des exercices similaires menés par la Russie avec d’autres pays, comme l’Iran.
Le Myanmar est confronté à des relations tendues avec tous ses pays voisins, en raison de la persistance d’un régime militaire et d’une guerre civile qui ne semble pas tourner en faveur du gouvernement. Des affrontements se sont étendus au-delà des frontières, notamment dans les zones de jungle le long des frontières avec la Thaïlande, la Chine et l’Inde, où opèrent de nombreuses armées rebelles bien organisées, telles que l’Armée de l’indépendance Kachin et l’Armée de l’État Shan. La Chine parvient à soutenir à la fois le gouvernement et certains groupes rebelles, tandis que la Russie apporte un soutien plus constant au régime birman.
Des analystes régionaux estiment que la diplomatie navale russe envers le Myanmar vise à garantir des ventes d’armes, mais aussi à faciliter la conclusion de contrats commerciaux pour la construction d’un nouveau port en eau profonde et d’une centrale nucléaire de 110 MW à Dawei, située à 240 kilomètres à l’ouest de Bangkok. Cette dernière proposition a suscité des inquiétudes en Thaïlande concernant le risque de pollution nucléaire, compte tenu de l’instabilité sécuritaire au Myanmar.

????, ??????? ????????? ????????? ??????? ?????????? ????.
???????? ??????? ????, ????????? ????????? ??????? ?????? ????????? “Marumex-2025” ?????????? ?????????? ??? ?????? ?????? ?????? ????????? ???? ?????????.
???? ?????? ???? ???? ????? ????? ??????? ???? ??????????… https://t.co/DP4zpu7o2S
– Spoutnik Mongolie (@sputnik_mn) 18 novembre 2025
Pour aller plus loin
