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La surveillance de l’air intérieur peut détecter plus rapidement les virus en circulation

by Sophie Martin

Publié le 17 octobre 2024 18:11:00. Une surveillance de l’air dans une garderie louvaniste a permis de détecter une large gamme de virus, y compris ceux responsables d’infections bénignes ou asymptomatiques, ouvrant la voie à une détection précoce des épidémies et à une meilleure gestion de la santé publique.

  • La surveillance de l’air intérieur peut identifier la présence de virus respiratoires, gastro-intestinaux et même cutanés, même en l’absence de symptômes graves.
  • Les chercheurs ont détecté du matériel génétique viral provenant non seulement d’humains, mais aussi d’animaux, d’insectes et de plantes.
  • Cette technologie pourrait compléter le dépistage des eaux usées et offrir une longueur d’avance dans la prévention des épidémies.

Des chercheurs de l’UZ Leuven et de la KU Leuven ont mené une étude pilote dans une crèche de Louvain, collectant des échantillons d’air presque chaque semaine pendant une année complète, en 2022. L’objectif était d’évaluer la capacité de la surveillance aérienne à détecter la présence de virus en circulation. Deux techniques ont été utilisées : une approche ciblée, basée sur la qPCR (réaction en chaîne par polymérase en temps réel), pour identifier des virus spécifiques, et une méthode plus large, la métagénomique, pour rechercher le matériel génétique de tous types de virus.

Les résultats se sont avérés remarquables : du matériel génétique viral a été détecté dans 40 des 42 échantillons prélevés. Outre les virus respiratoires courants tels que le rhinovirus et le virus respiratoire syncytial (VRS), l’analyse a révélé la présence de rotavirus et d’adénovirus, souvent responsables de troubles gastro-intestinaux, ainsi que de virus cutanés. Selon Jele Matthijnssens, professeur d’épidémiologie virologique à l’Institut Rega (KU Leuven), cette découverte est significative car elle démontre que la surveillance de l’air peut détecter des infections même lorsqu’elles sont légères ou asymptomatiques.

« Cela montre que la détection aérienne enregistre également des infections bénignes ou asymptomatiques, car les enfants visiblement malades ne viennent normalement pas à la garderie. »

Jele Matthijnssens, professeur d’épidémiologie virologique à l’Institut Rega (KU Leuven)

L’étude a également mis en évidence la complexité de l’environnement aérien, avec la détection de matériel génétique provenant de virus affectant non seulement les humains, mais aussi les animaux, les insectes et les plantes. Les chercheurs soulignent que la surveillance de l’air dans tous les espaces intérieurs n’est pas forcément réaliste à court terme. Ils estiment qu’une approche plus ciblée, en se concentrant sur des lieux stratégiques tels que les écoles, les maisons de retraite, les transports en commun ou les lieux de divertissement fréquentés, serait plus efficace.

Cette analyse pourrait compléter le dépistage des agents pathogènes dans les eaux usées, une méthode déjà utilisée par l’Institut Rega pour surveiller la présence de virus, dont le coronavirus, dans la région de Louvain. Le dépistage des eaux usées permet de détecter la présence d’un virus avant même que les personnes ne présentent des symptômes et ne consultent un médecin ou un hôpital. La surveillance de l’air pourrait offrir un avantage similaire.

« La technologie offre une fenêtre supplémentaire sur ce qui circule dans la société. Les diagnostics hospitaliers restent essentiels pour les soins individuels, mais ne fournissent pas une image complète des infections bénignes ou des épidémies précoces. Grâce à la surveillance de l’air, nous pouvons détecter les virus avant qu’ils ne soient diagnostiqués dans les hôpitaux. De cette façon, nous avons une longueur d’avance sur d’éventuelles épidémies et nous pouvons réduire considérablement les coûts médicaux et sociaux. »

Emmanuel André, professeur de biologie clinique à la KU Leuven et à l’UZ Leuven

En somme, cette recherche suggère que la surveillance de l’air pourrait devenir un outil précieux pour la santé publique, permettant une détection précoce des épidémies et une meilleure préparation aux menaces virales.

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