Les marchés financiers sont en pleine mutation : l’anticipation d’une baisse des taux d’intérêt aux États-Unis affaiblit le dollar, tandis que les inquiétudes persistent quant à une éventuelle intervention des autorités japonaises sur le marché des changes. La livre sterling, quant à elle, peine à consolider ses gains après les récentes annonces budgétaires britanniques.
Le dollar, bien que légèrement en hausse par rapport à ses principales contreparties ce vendredi, est sur le point d’enregistrer sa plus mauvaise semaine depuis fin juillet. Cette faiblesse est alimentée par des données économiques américaines plus faibles que prévu et des déclarations accommodantes de responsables de la Réserve fédérale (Fed). Les investisseurs estiment désormais qu’il y a 80 % de chances que la Fed réduise ses taux de 25 points de base lors de sa prochaine réunion, et envisagent même trois baisses supplémentaires d’ici 2026.
Le marché des changes reste calme pendant les vacances de Thanksgiving aux États-Unis, avec des échanges limités et des fluctuations minimes. Le kiwi néo-zélandais a toutefois fortement rebondi cette semaine, suite à la décision de la Banque de Nouvelle-Zélande (RBNZ) de baisser ses taux d’intérêt.
Au Japon, les données économiques publiées hier ont révélé une croissance plus forte que prévu en octobre, renforçant les arguments en faveur d’une hausse des taux d’intérêt dans l’archipel. Selon les contrats à terme sur les taux d’intérêt japonais, la probabilité d’une augmentation de 25 points de base lors de la réunion de la Banque du Japon (BoJ) du 19 décembre s’élève désormais à 35 %. Cependant, le yen reste sous pression, et les craintes d’une intervention des autorités japonaises pour soutenir leur monnaie demeurent vives, en particulier en période de faible liquidité.
Si aucune action n’est entreprise aujourd’hui, les responsables pourraient tolérer un taux de change plus élevé la semaine prochaine et reconsidérer leur stratégie si le seuil psychologique de 160 yens pour un dollar était franchi.
La livre sterling recule également, malgré l’annonce mercredi par la chancelière britannique Rachel Reeves de son intention d’augmenter les impôts de 26 milliards de livres sterling. Les traders semblent vendre la livre sterling, anticipant que le resserrement budgétaire et un ralentissement de la croissance économique pourraient inciter la Banque d’Angleterre (BoE) à réduire davantage ses taux d’intérêt. Une baisse de 25 points de base lors de la réunion du 18 décembre est presque entièrement anticipée, avec une baisse supplémentaire de 40 points de base prévue pour l’année prochaine.
Sur les marchés des matières premières, le pétrole rebondit, soutenu par l’incertitude entourant les négociations de paix en Ukraine. L’Ukraine a accepté un accord modifié proposé par les États-Unis pour mettre fin à la guerre avec la Russie, mais l’acceptation de cet accord par Moscou reste incertaine. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré hier que des discussions supplémentaires entre responsables ukrainiens et américains étaient prévues. Le président russe Vladimir Poutine a quant à lui indiqué que les grandes lignes de l’accord pourraient servir de base à de futurs accords, mais a souligné que la Russie poursuivrait les combats si ce n’était pas le cas.
Les contrats à terme sur actions américaines sont légèrement positifs, suggérant une ouverture en hausse pour la séance de négociation raccourcie d’aujourd’hui. Les attentes d’une série de baisses de taux de la Fed et une saison de résultats optimiste semblent pour l’instant l’emporter sur les inquiétudes concernant les valorisations élevées.
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