Publié le 9 novembre 2025 à 08h36. Malgré un contexte international incertain, l’économie péruvienne affiche une résilience notable, portée par des fondamentaux solides et une politique monétaire prudente. Le sol péruvien continue de se distinguer comme la monnaie la plus stable d’Amérique latine.
- Le sol péruvien s’est déprécié de seulement 10,21 % face au dollar américain depuis le début de l’année.
- L’inflation annuelle au Pérou s’établit à 1,35 %, avec des prévisions de 2,19 % pour les 12 prochains mois.
- La Banque centrale de réserve du Pérou (BCRP) maintient des réserves internationales nettes confortables, à 89,757 milliards de dollars.
Les fondamentaux macroéconomiques du Pérou restent solides, selon Robert Abad, trader FX chez Rextie. Vendredi dernier, le taux de change s’est clôturé à 3,3770 sols par dollar américain. Au niveau international, le dollar a connu un léger rebond, l’indice DXY oscillant autour de 100,2 points et le rendement des bons du Trésor américain à 10 ans se stabilisant à 4,16 %.
La baisse du prix du cuivre de 4,2 % sur la semaine pourrait cependant générer une volatilité accrue sur les devises des économies émergentes. Selon Robert Abad,
« Le taux de change pourrait avoir un léger risque à la hausse si le dollar se renforce sur le marché mondial et si les métaux prolongent leur correction, alors que le biais baissier prévaudrait si l’offre des entreprises et les interventions de la BCRP se poursuivent. »
Robert Abad, trader FX, Rextie
Le sol péruvien s’est imposé comme la monnaie la plus stable d’Amérique latine ces dernières années, avec une dépréciation limitée face au dollar. Les données de la BCRP montrent que le sol a connu la plus faible baisse de valeur parmi les monnaies latino-américaines ce siècle, contrairement aux pertes importantes enregistrées par le Brésil, le Mexique, la Colombie ou le Chili (entre 70 % et plus de 200 %).
Cette performance est attribuable à une combinaison de facteurs : une inflation maîtrisée, une banque centrale indépendante, des réserves internationales abondantes (équivalentes à environ 28 % du PIB à fin août 2025) et un excédent commercial soutenu grâce aux exportations de minerais. Ces éléments ont créé un climat de confiance qui positionne le sol comme une valeur refuge régionale.
L’euro, quant à lui, a perdu du terrain face au dollar américain, en partie en raison de la faiblesse de la zone euro. Le taux de change EUR/USD est passé d’environ 1,19 à environ 1,15, et certains analystes ont revu à la baisse leurs prévisions pour fin 2025, les estimant autour de 1,18.
Cette baisse s’explique par des indicateurs économiques décevants en zone euro et par une position plus prudente de la Réserve fédérale américaine concernant de nouvelles réductions des taux d’intérêt, ce qui a renforcé l’attrait du dollar. Techniquement, la paire EUR/USD a franchi des seuils de support importants, et une cassure du niveau 1,15 pourrait entraîner une nouvelle baisse vers 1,1344.
Néanmoins, la faiblesse du dollar, due à des facteurs tels que la paralysie du gouvernement américain, pourrait offrir à l’euro une certaine marge de stabilisation, voire de rebond à court terme.
Les projections du marché concernant les taux de change suggèrent une modération dans les années à venir, selon les résultats de l’enquête sur les attentes macroéconomiques de la BCRP. Les participants à l’enquête s’attendent à ce que le dollar fluctue entre 3,40 et 3,50 sols d’ici fin 2025, une fourchette inférieure aux estimations précédentes.
Pour 2026, les prévisions placent le prix entre 3,50 et 3,60 sols par dollar, et un léger rebond est attendu vers 2027, avec des valeurs situées entre 3,60 et 3,65 sols. Ces variations témoignent d’une perception d’un plus grand équilibre sur le marché des changes péruvien et d’un contexte extérieur plus favorable.
Les analystes économiques ont ajusté leurs prévisions pour la fin 2025, passant de 3,60 à 3,40 sols, et estiment un niveau de 3,50 sols pour 2026. Les acteurs financiers ont également revu leurs projections à la baisse, estimant le taux à 3,50 sols pour 2025 et le maintenant à 3,60 sols pour l’année suivante.
