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Le fonds d’investissement prévu dans l’acier n’aura plus lieu

by Amélie Bernard

Publié le 6 novembre 2023 14:35. Le gouvernement britannique a renoncé à un programme de subventions directes pour stimuler l’innovation dans la sidérurgie, privilégiant désormais le soutien aux aciéries en difficulté face à une conjoncture économique difficile et des défis commerciaux croissants.

  • Le concours initialement prévu pour financer de nouveaux projets sidérurgiques innovants a été annulé.
  • Le gouvernement maintient son engagement de 2,5 milliards de livres sterling (environ 2,9 milliards d’euros) pour l’industrie sidérurgique, mais via d’autres mécanismes.
  • La décision intervient après des dépenses imprévues liées à la gestion de British Steel et de Specialty Steels UK.

Le gouvernement britannique a finalement abandonné l’idée d’accorder des subventions directes aux entreprises du secteur sidérurgique pour financer des projets innovants. Cette volte-face, qui a surpris certains acteurs de l’industrie, s’explique par une situation financière plus tendue que prévu et par la nécessité de concentrer les ressources sur le maintien des activités existantes.

Initialement, le ministère du Commerce et des Affaires (DBT) envisageait de lancer un appel à projets permettant aux entreprises de soumissionner pour obtenir des subventions gouvernementales. Ce plan, qui devait s’inscrire dans la stratégie sidérurgique globale du gouvernement, était censé encourager l’innovation et la modernisation du secteur. Cependant, les ministres ont finalement opté pour une approche plus pragmatique, axée sur le soutien aux aciéries déjà en place et confrontées à des difficultés financières.

Cette décision fait suite à une série de dépenses imprévues. Le gouvernement a dû prendre en charge la gestion quotidienne de l’usine British Steel de Scunthorpe en avril dernier, après que les propriétaires chinois Jingye aient menacé de fermer les hauts fourneaux. Cette intervention a déjà coûté près de 250 millions de livres sterling (environ 290 millions d’euros). De plus, les ministres ont également accepté de couvrir les salaires et les coûts de l’usine Specialty Steels UK (SSUK) dans le Yorkshire du Sud, en attendant de trouver un acquéreur.

Le ministre de l’acier, Chris McDonald, a affirmé que le gouvernement continuerait d’apporter un « soutien considérable » à l’industrie sidérurgique, notamment en aidant à maîtriser les coûts de l’énergie. Il a précisé que des fonds restaient disponibles pour investir dans des projets, mais que le secteur privé devait désormais « déterminer vers quelles opportunités il souhaite se lancer ».

« L’argent du gouvernement est toujours disponible pour investir dans des projets sidérurgiques, mais le secteur privé devrait ‘déterminer vers quelles opportunités il souhaite se lancer’ »

Chris McDonald, ministre de l’acier

Les entreprises pourront désormais accéder à des financements via le Fonds national de richesse du gouvernement, doté de 27,8 milliards de livres sterling (environ 32 milliards d’euros). Cependant, toute demande de financement devra être assortie d’un apport de capitaux propres et sera soumise à une concurrence accrue avec d’autres secteurs industriels.

L’industrie sidérurgique britannique est confrontée à des défis majeurs depuis plusieurs années, notamment la flambée des prix de l’énergie, l’augmentation des droits de douane et la surcapacité de production mondiale. Quatre des six principales entreprises sidérurgiques du Royaume-Uni bénéficient actuellement d’une forme de soutien financier de l’État. Downing Street considère le maintien d’une capacité de production d’acier primaire comme une question essentielle de sécurité nationale.

La décision de l’Union européenne d’imposer de nouveaux droits de douane de 50 % sur les importations d’acier a également suscité des inquiétudes à Londres. UK Steel, l’organisation de lobbying du secteur, a dénoncé une « menace existentielle » pour les sidérurgistes britanniques. UK Steel

Parallèlement, le gouvernement étudie la possibilité de consolider le secteur sidérurgique britannique, qui est actuellement très fragmenté. Des responsables du DBT ont évoqué l’idée d’une fusion entre les entreprises, mais une telle opération nécessiterait l’accord des propriétaires actuels.

La recherche d’un acquéreur pour British Steel est au point mort, Jingye demandant une somme importante pour céder la propriété. Des acheteurs potentiels se sont manifestés pour SSUK, qui a déjà investi dans des fours à arc électrique plus écologiques. Tata Steel, à Port Talbot, a bénéficié d’un plan de sauvetage de 500 millions de livres sterling (environ 580 millions d’euros) pour financer sa transition vers des méthodes de production plus durables. Sheffield Forgemasters a été nationalisée en 2021 après avoir rencontré des difficultés financières.

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