La livre sterling affiche une résistance face aux anticipations d’un assouplissement monétaire, évoluant actuellement dans une fourchette comprise entre 1,3380 $ et 1,3400 $, en hausse d’environ 0,25 à 0,30 % sur la journée. Les marchés anticipent une baisse des taux d’intérêt de 25 points de base par la Banque d’Angleterre (BoE), ce qui porterait le taux de référence à 3,75 %, et prévoient d’autres baisses à venir.
Les données économiques britanniques récentes justifient cette orientation. L’inflation, bien que toujours élevée à environ 3,4 % sur un an – son plus bas niveau depuis mars, mais restant le double de l’objectif de 2 % – coexiste avec une croissance économique molle. Le mois d’octobre a enregistré une contraction de 0,1 % en glissement mensuel, et la moyenne sur trois mois (août à octobre) confirme également cette tendance. Cette combinaison classique de fin de cycle pousse la BoE à assouplir sa politique, mais sans céder à une panique de baisse des taux.
Cette nuance se reflète dans l’évolution du taux de change GBP/USD. La livre sterling se maintient, évitant un effondrement, ce qui suggère que le prochain mouvement à la baisse est largement anticipé par les marchés et dépendra de la communication de la BoE. Le principal risque réside moins dans la décision de baisser les taux que dans la vitesse et l’ampleur des baisses futures que la banque centrale pourrait signaler.
Une baisse de 25 points de base, approuvée par une majorité étroite de 5 voix contre 4, serait perçue comme un début hésitant d’assouplissement, ce qui soutiendrait la livre sterling en réduisant les anticipations de baisses plus agressives. Dans ce scénario, la paire pourrait dépasser 1,3438 $ et tester la zone de 1,3500 $ à 1,3527 $. En revanche, si le gouverneur Bailey insiste sur une croissance plus faible, souligne les risques à la baisse et minimise la persistance de l’inflation, le marché pourrait anticiper une trajectoire de baisse plus rapide, ce qui entraînerait une difficulté pour le GBP/USD à se maintenir au-dessus de sa moyenne mobile à 200 jours.
Les prochains indicateurs économiques britanniques, notamment la croissance des salaires, le taux de chômage et les indices PMI, seront déterminants pour valider ou infirmer ce biais d’assouplissement. À l’heure actuelle, la paire se situe dans une zone d’attente, les traders préférant ne pas prendre position avant ces données clés.
Parallèlement, aux États-Unis, la Réserve fédérale (Fed) a déjà procédé à trois baisses de taux de 25 points de base cette année, portant la fourchette cible à 3,50 % – 3,75 %. Les marchés anticipent au moins deux baisses supplémentaires d’ici fin 2026, avec une probabilité supérieure à 60 % d’un nouvel assouplissement, ce qui est plus accommodant que les prévisions médianes de la Fed. Cette révision des anticipations se traduit par une baisse du dollar, qui évolue entre 97 et 98.
Les traders attendent les chiffres de l’emploi non agricole, les salaires et les ventes au détail pour évaluer si la Fed confirmera ou remettra en question ces attentes. Des données solides sur l’emploi et les salaires pourraient renforcer le dollar et ramener le GBP/USD à 1,3330 $, voire 1,3280 $. À l’inverse, des données faibles pourraient affaiblir davantage le dollar et permettre à la livre sterling de grimper jusqu’à 1,3438 $.
Dans ce contexte, le sentiment général du marché n’est pas excessivement orienté vers le risque, mais il n’y a pas non plus de panique. Le FTSE 100 a rebondi après des baisses récentes et se dirige vers une résistance proche de 9 740 à 9 790 points, ce qui indique que les actions britanniques continuent d’attirer des capitaux malgré les risques liés à la croissance nationale. L’or, quant à lui, se négocie autour de 4 300 $ et vise son précédent record proche de 4 381 $, un comportement typique lorsque les marchés anticipent une baisse des rendements réels et une Fed plus conciliante.
Du point de vue technique, le GBP/USD a déjà connu une forte hausse depuis les plus bas de fin novembre jusqu’à environ 1,3438 $. Depuis, la paire évolue latéralement dans une fourchette étroite, avec de petites bougies et des chevauchements de plages, ce qui suggère une phase de consolidation plutôt qu’un renversement de tendance. La paire se maintient au-dessus de la zone de support de 1,3330 $ à 1,3360 $, en ligne avec les moyennes mobiles à court terme. Les traders de tendance observent toujours une structure ascendante, chaque repli vers 1,3360 $ attirant des achats.
La moyenne mobile à 200 jours, située près de 1,3340 $, constitue le premier niveau de support structurel. En dessous, 1,3288 $ est un pivot important, tandis que 1,3235 $ et 1,3180 $ sont des niveaux de support plus profonds. Tant que le GBP/USD se maintient au-dessus de 1,3288 $, la tendance à moyen terme reste haussière. À la hausse, la résistance immédiate se situe autour de 1,3438 $, suivie de 1,3470 $ et de la barre psychologique de 1,3500 $. Le sommet d’octobre, proche de 1,3527 $, est un niveau clé qui, s’il est franchi, ouvrirait la voie vers 1,3600 $.
Sur la carte thermique des changes, la livre sterling est l’une des devises les plus performantes de la journée, affichant de légers gains par rapport à l’USD et à l’EUR, et une force plus notable par rapport au dollar néo-zélandais. Ce modèle reflète la situation macroéconomique actuelle : la BoE s’oriente vers des baisses de taux, mais reste plus restrictive que d’autres banques centrales, l’inflation britannique étant plus élevée que dans de nombreux pays comparables.
Dans l’immédiat, la paire GBP/USD est tributaire des données sur l’emploi au Royaume-Uni, du chiffre de l’inflation et des données américaines sur l’emploi et les salaires. Jusqu’à la publication de ces chiffres, la fourchette de négociation entre 1,3330 $ et 1,3470 $ semble la plus probable.
Le biais stratégique sur le GBP/USD reste haussier, avec une préférence pour acheter les baisses plutôt que de vendre la force. La paire se maintient au-dessus des moyennes quotidiennes clés et la BoE avance plus lentement que la Fed vers un cycle complet d’assouplissement. Tant que le GBP/USD se maintient au-dessus de 1,3280 $ – 1,3330 $, le rapport risque-récompense favorise une hausse vers 1,3500 $ – 1,3600 $ au premier trimestre 2026.
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