Publié le 2026-01-10 10:03:00. Une molécule initialement développée pour lutter contre le cancer du sein, le nératinib, pourrait ouvrir de nouvelles perspectives dans la prévention et le traitement de l’athérosclérose, une maladie cardiovasculaire fréquente. Des recherches précliniques indiquent que ce médicament réduit l’inflammation des vaisseaux sanguins et la progression de la maladie, notamment en association avec un traitement standard.
- Le nératinib diminue l’inflammation vasculaire et l’athérosclérose chez la souris en ciblant une enzyme clé, ASK1.
- Il agit sur les cellules endothéliales, la paroi interne des vaisseaux sanguins, en réduisant l’inflammation même en présence d’autres facteurs de risque.
- L’association du nératinib avec la rosuvastatine, un médicament hypolipidémiant, s’est avérée plus efficace qu’une simple statine.
L’athérosclérose, caractérisée par l’accumulation de plaques dans les artères, est une cause majeure de maladies cardiovasculaires. Elle débute souvent par un dysfonctionnement des cellules endothéliales et une accumulation de lipides dans la paroi vasculaire, entraînant une inflammation chronique. Si les statines et les inhibiteurs de PCSK9 permettent de réduire le taux de cholestérol LDL, l’inflammation peut persister, contribuant à la progression de la maladie.
Des chercheurs ont exploré l’efficacité de médicaments déjà approuvés pour d’autres indications, en utilisant des données issues de cellules endothéliales humaines stimulées par des agents inflammatoires. Le nératinib s’est distingué par sa capacité à réduire l’inflammation dans ces cellules. Des tests plus poussés ont confirmé que le médicament inhibait l’inflammation déclenchée par différents stimuli, notamment le TNF-α, l’IL-1β et le lipopolysaccharide.
L’étude révèle que le mécanisme d’action du nératinib dans ce contexte est distinct de son action habituelle contre le cancer du sein, qui repose sur l’inhibition de HER2 ou ERBB2. Les chercheurs ont découvert que le nératinib se lie directement à la kinase 1 régulatrice du signal d’apoptose (ASK1) et en réduit l’activité. Cette enzyme apparaît donc comme un acteur central dans les effets bénéfiques observés sur les cellules endothéliales.
Pour valider ces résultats, des expériences ont été menées sur des souris Ldlr-/- (déficientes en récepteur LDL), un modèle animal couramment utilisé pour étudier l’athérosclérose. Le traitement par nératinib a permis de réduire la quantité de plaques d’athérome, la taille des zones nécrotiques au sein de ces plaques et l’infiltration de macrophages, des cellules immunitaires impliquées dans l’inflammation.
L’association du nératinib avec la rosuvastatine, un médicament hypolipidémiant standard, a démontré une efficacité supérieure à celle de la rosuvastatine seule. Une analyse approfondie des protéines présentes dans le sérum des souris a révélé que cette combinaison réduisait plusieurs cytokines et chimiokines, des molécules impliquées dans les processus inflammatoires.
Ces données suggèrent que le nératinib pourrait être une nouvelle approche thérapeutique pour lutter contre l’inflammation vasculaire et l’athérosclérose. ASK1 est identifié comme une cible prometteuse dans les cellules endothéliales. Il est important de souligner que ces résultats sont précliniques et ont été obtenus sur des cellules humaines stimulées et sur des modèles murins.
Référence : Zhang FS et al. Le nératinib, un médicament clinique contre le cancer du sein, protège contre l’inflammation vasculaire et l’athérosclérose. Recherche sur la circulation. 2026;DOI : 10.1161/CIRCRESAHA.125.326508.
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