Home Technologie et scienceLe nouveau navigateur Web d’OpenAI intègre ChatGPT. Cela soulève des questions en matière de confidentialité : NPR

Le nouveau navigateur Web d’OpenAI intègre ChatGPT. Cela soulève des questions en matière de confidentialité : NPR

by Thomas Caron

Publié le 7 novembre 2025 à 20h27. Le nouveau navigateur web d’OpenAI, Atlas, intégrant l’intelligence artificielle, suscite à la fois l’enthousiasme et des inquiétudes concernant la confidentialité des données et la sécurité en ligne, alors que l’IA s’immisce de plus en plus dans notre navigation quotidienne.

  • Le navigateur Atlas, disponible pour l’instant uniquement sur les ordinateurs Apple, combine une navigation web classique avec les capacités de ChatGPT.
  • Sa fonction « mode agent » permet d’automatiser des tâches complexes comme des achats en ligne ou des réservations.
  • Des experts soulignent les risques liés à la collecte de données personnelles et à la vulnérabilité face à des injections de code malveillant.

Lancé il y a moins de deux semaines, le navigateur Atlas d’OpenAI attire déjà l’attention, comme en témoignent les articles de Cult of Mac, Forbes et Tom’s Guide. Il se distingue par son approche novatrice, intégrant directement l’intelligence artificielle à l’expérience de navigation.

OpenAI ambitionne de réinventer le navigateur web, un marché dominé par Google Chrome. « Nous pensons que l’IA représente une opportunité rare, une fois par décennie, de repenser ce que peut être un navigateur », a déclaré Sam Altman, PDG d’OpenAI, lors d’une présentation en direct du nouveau navigateur.

Atlas ne se contente pas de naviguer sur le web comme les navigateurs traditionnels. Sa fonctionnalité « mode agent » permet d’automatiser des tâches complexes. Lors de la présentation, les équipes d’OpenAI ont démontré comment le navigateur pouvait lire une recette en ligne, calculer les quantités d’ingrédients nécessaires en fonction du nombre de convives, puis effectuer l’achat des ingrédients en ligne.

Cette intégration poussée de l’IA soulève des questions quant à la confidentialité des données. Anil Dash, entrepreneur et écrivain spécialisé dans les technologies, explique qu’OpenAI a « en quelque sorte atteint les limites des données qu’ils peuvent obtenir simplement en aspirant tout le contenu visible sur Internet sans consentement ». Il suggère que le navigateur pourrait être utilisé pour collecter davantage de données utilisateur, notamment en interagissant avec des services comme la messagerie électronique et les documents en ligne, et en conservant un historique détaillé de la navigation.

Lena Cohen, de l’Electronic Frontier Foundation, une organisation de défense des droits numériques, s’inquiète particulièrement des risques liés au « mode agent ». Elle explique que ce mode de fonctionnement pourrait permettre à OpenAI d’accéder à des informations sensibles, telles que des données de paiement ou des calendriers personnels.

« Le mode IA agentique porte ces risques à un tout autre niveau. »

Lena Cohen, Electronic Frontier Foundation

OpenAI assure que les données des utilisateurs ne sont pas utilisées par défaut pour entraîner ses modèles d’IA, mais offre la possibilité d’y consentir. L’entreprise renvoie vers ses déclarations en ligne et sa vidéo de démonstration pour plus d’informations.

Un autre risque potentiel identifié par les experts est la vulnérabilité aux « injections rapides », des fragments de code malveillant cachés sur des sites web. Ces injections pourraient inciter l’agent IA à effectuer des actions non désirées, comme acheter des produits spécifiques ou divulguer des informations personnelles.

Chirag Shah, professeur à l’École d’information de l’Université de Washington, souligne le manque de réglementation dans le domaine de l’IA et les conséquences potentielles de cette course à l’innovation rapide.

« Nous sommes dans ce genre de jeu où la mentalité typique consiste à aller vite et à casser. Malheureusement, ce qui casse, ce n’est pas seulement l’outil ou la technologie, mais de vraies personnes. »

Chirag Shah, professeur à l’École d’information de l’Université de Washington

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