Publié le 19 novembre 2023 00:00. Un cessez-le-feu négocié par le Qatar est entré en vigueur entre l’Afghanistan et le Pakistan, dans un contexte de tensions croissantes et d’affrontements meurtriers le long de leur frontière commune.
- Un accord de cessez-le-feu a été conclu grâce à la médiation du Qatar pour calmer les tensions entre l’Afghanistan et le Pakistan.
- Des dizaines de personnes ont été tuées et des centaines blessées lors des récents combats, les plus intenses depuis la prise de pouvoir des talibans en 2021.
- Les deux pays s’accusent mutuellement de soutenir des groupes militants opérant de part et d’autre de la frontière.
Les affrontements récents, qui ont culminé avec un attentat suicide ayant coûté la vie à sept soldats pakistanais vendredi, sont liés aux exigences d’Islamabad que les talibans afghans prennent des mesures contre les groupes extrémistes basés sur leur territoire. Le Pakistan accuse ces groupes d’intensifier leurs attaques sur son sol. Le maréchal en chef de l’armée pakistanaise, Asim Munir, a publiquement demandé au gouvernement afghan de « vérifier les mandataires qui disposent de refuges sûrs en Afghanistan ».
Les talibans rejettent fermement ces accusations, affirmant ne pas offrir de protection aux combattants. Ils contre-accusent l’armée pakistanaise de diffuser de fausses informations et de soutenir des groupes liés à l’État islamique (EI) dans le but de déstabiliser l’Afghanistan. Kaboul a également dénoncé des frappes aériennes pakistanaises sur des cibles civiles afghanes, alors même que le cessez-le-feu était en vigueur. Le Pakistan, pour sa part, affirme avoir ciblé des camps islamistes « sécurisés » et avoir éliminé plus de 100 combattants, une information qui n’a pu être vérifiée de manière indépendante par l’agence Reuters.
Au-delà des affrontements militaires, les tensions se manifestent également dans d’autres domaines. L’Afghanistan s’est ainsi retiré de plusieurs tournois internationaux de cricket organisés au Pakistan, invoquant la mort de trois joueurs lors des frappes aériennes pakistanaises. Malgré l’entrée en vigueur du cessez-le-feu et la promesse de réunions de suivi pour en assurer le respect, la situation demeure fragile. La méfiance profonde et le désaccord persistant sur la gestion des groupes militants le long de la frontière de 2 600 kilomètres (environ 1 600 miles) continueront vraisemblablement à empoisonner les relations entre ces anciens alliés.
