Publié le 12 janvier 2024 17:09:00. Le Parlement européen a décidé d’interdire l’accès à ses bâtiments aux représentants du régime iranien, en réponse à la répression violente des manifestations en Iran. Cette mesure, annoncée par sa présidente Roberta Metsola, intervient alors que l’Union européenne envisage de nouvelles sanctions contre Téhéran.
- Le Parlement européen interdit l’accès à ses locaux aux diplomates et représentants iraniens.
- Cette décision fait suite à la condamnation de la répression des manifestations en Iran par Roberta Metsola.
- L’Union européenne étudie de nouvelles sanctions, notamment contre les Gardiens de la révolution iraniens.
Lundi, Roberta Metsola, présidente du Parlement européen, a annoncé l’interdiction pour tous les diplomates, membres du personnel des missions diplomatiques, responsables gouvernementaux et représentants de la République islamique d’Iran d’accéder aux bâtiments du Parlement, situés à Bruxelles, Strasbourg et Luxembourg, ainsi que dans tous ses bureaux de liaison européens. Cette décision radicale est une réponse directe à la répression brutale des manifestants en Iran, a-t-elle précisé.
Dans un courriel adressé à tous les membres et au personnel du Parlement, Mme Metsola a affirmé que l’institution ne souhaitait pas « aider à légitimer un régime qui se maintient au pouvoir par la torture, la répression et le meurtre ». Elle avait déjà exprimé publiquement son désaccord avec la mission iranienne auprès de l’Union européenne, l’accusant la semaine dernière d’une « hypocrisie dégoûtante » sur les réseaux sociaux.
Bien que l’accès soit désormais interdit aux représentants iraniens, les eurodéputés conservent la possibilité de dialoguer avec Téhéran. Un responsable parlementaire a indiqué que les restrictions imposées aux interactions avec les diplomates iraniens en 2023 avaient expiré.
Cette annonce intervient alors que la pression monte en Europe pour une réponse plus ferme à la situation en Iran. Hannah Neumann, eurodéputée verte allemande, a appelé tous les pays de l’UE à expulser les diplomates iraniens.
La décision de Roberta Metsola s’inscrit dans le cadre de ses prérogatives, lui permettant de garantir la sécurité et l’inviolabilité des locaux du Parlement, conformément à l’article 22 de son règlement intérieur, a précisé un porte-parole.
Parallèlement, la haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et de sécurité, Kaja Kallas, a annoncé dimanche qu’elle était prête à proposer de nouvelles sanctions contre l’Iran, en réponse à la violence exercée contre les manifestants. « Nous sommes prêts à proposer de nouvelles sanctions plus sévères », a confirmé Anouar El Anouni, porte-parole de la Commission européenne, aux journalistes.
Cependant, l’adoption de ces sanctions nécessite l’accord unanime des 27 États membres de l’UE. Les Pays-Bas, en particulier, font pression pour que le Corps des Gardiens de la révolution iraniens soit inscrit sur la liste des organisations terroristes, a déclaré lundi le ministre néerlandais des Affaires étrangères, David van Weel, sur les réseaux sociaux. Il a également plaidé pour des sanctions « ciblées » contre les responsables des violations des droits de l’homme et la fermeture des canaux de communication avec Téhéran.
Roberta Metsola et les dirigeants des groupes politiques du Parlement européen doivent rencontrer Kaja Kallas mercredi pour discuter de la situation et des prochaines étapes.
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