Publié le 8 novembre 2023 17h50. Malgré les sanctions internationales, la Hongrie continue de dépendre fortement des importations d’énergie russe, une situation que Budapest justifie par l’absence d’alternatives immédiates, tandis que l’Ukraine appelle à un embargo européen complet sur le pétrole russe.
- Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán aurait obtenu de l’ancien président américain Donald Trump l’autorisation de poursuivre ses achats d’énergie à la Russie pour une année supplémentaire.
- L’Ukraine, en conflit avec la Russie, critique vivement cette dépendance hongroise et a même attaqué des infrastructures pétrolières russes liées à l’oléoduc Druzhba, principal canal d’approvisionnement de la Hongrie.
- L’OTAN, face aux menaces nucléaires de Moscou, entend renforcer sa propre dissuasion nucléaire.
La Hongrie maintient son approvisionnement énergétique en Russie, une situation qui suscite des tensions au sein de l’Union européenne et avec l’Ukraine. Budapest bénéficie d’une dérogation lui permettant d’importer du pétrole russe via des oléoducs, une infrastructure héritée de l’époque communiste. Le gouvernement hongrois n’a, selon les critiques, pas entrepris de diversifier suffisamment ses sources d’énergie pour réduire sa dépendance à Moscou.
Selon des informations non confirmées officiellement par le gouvernement hongrois, Viktor Orbán aurait reçu l’assurance de Donald Trump, lors d’une récente visite aux États-Unis, de pouvoir continuer à importer de l’énergie russe pendant un an supplémentaire. Orbán a lui-même évoqué une “réglementation spéciale” pour son pays, soulignant l’absence d’alternatives à court terme. Cette situation intervient alors que les États-Unis ont renforcé leurs sanctions contre les entreprises énergétiques russes en octobre, ouvrant la voie à d’éventuelles sanctions secondaires contre les acheteurs.
L’Ukraine, qui subit l’invasion russe, est particulièrement critique à l’égard de cette situation. Le président Volodymyr Zelensky a appelé à un arrêt complet des importations de pétrole russe en Europe, affirmant sur la plateforme Telegram :
« Il faut trouver une solution pour qu’il n’y ait plus de pétrole russe en Europe. »
Volodymyr Zelensky, président ukrainien
L’Ukraine ne permettra pas à la Russie de continuer à vendre son pétrole sur le continent.
La Hongrie importe la majeure partie de son pétrole via l’oléoduc Druzhba, qui traverse l’Ukraine. Cette situation rend les relations entre Kyiv et Budapest particulièrement tendues. L’Ukraine a d’ailleurs revendiqué plusieurs attaques contre ce même oléoduc sur le territoire russe.
Parallèlement à ces tensions, l’OTAN renforce sa posture face à la Russie. Le secrétaire général de l’organisation, Mark Rutte, a déclaré qu’elle souhaitait mettre davantage l’accent sur ses capacités nucléaires, notamment à des fins de dissuasion.
« Lorsque la Russie utilise une rhétorique nucléaire dangereuse et imprudente, nos populations doivent savoir qu’il n’y a pas lieu de paniquer car l’OTAN dispose d’une forte dissuasion nucléaire pour maintenir la paix. La dissuasion nucléaire de l’OTAN est la garantie ultime de notre sécurité. »
Mark Rutte, secrétaire général de l’OTAN
Cette annonce intervient alors que le Kremlin, sous la direction de Vladimir Poutine, a régulièrement mis en avant le potentiel des armes nucléaires pour dissuader l’Occident de soutenir davantage l’Ukraine. La Russie a d’ailleurs mené des exercices militaires impliquant ses forces nucléaires en parallèle d’un exercice similaire organisé par l’OTAN.
