Home Santé« Le pire, c’est pour le dentiste »

« Le pire, c’est pour le dentiste »

by Sophie Martin

Un dispositif de solidarité médicale a offert un bref répit aux habitants de Fumel et des environs ce jeudi 23 octobre. Pour la première fois dans le département du Lot-et-Garonne, un médecin volontaire a proposé des consultations en Maison de santé, une initiative saluée comme un premier pas face à la pénurie de médecins.

La situation est particulièrement critique dans les zones rurales du département, notamment à Fumel-Vallée du Lot, Bastides en Haut-Agenais Périgord et le Pays de Lauzun, qui figurent parmi les 151 territoires français en difficulté identifiés au niveau national. La généraliste venue de Nérac, bien que confrontée à des défis similaires dans sa propre région, a permis d’ouvrir 24 créneaux de rendez-vous.

« Deux jours par mois, c’est déjà ça, mais ce n’est pas à la hauteur du nombre que l’on estime nécessaire pour améliorer la situation », a déclaré Aurélie Guillout, directrice de la délégation départementale de l’Agence régionale de santé (ARS). Elle a précisé qu’à Fumel, il serait idéal d’accueillir un généraliste à temps plein, cinq jours par semaine. L’ARS espère que cette initiative pourra se développer et envisage d’organiser des consultations à Castillonnès prochainement, à condition de trouver un autre médecin volontaire. La situation à Miramont reste également une priorité.

Jeudi matin, seuls deux créneaux de rendez-vous étaient encore disponibles, signe de l’urgence de la demande. Le secrétariat s’affairait déjà à planifier les consultations des 3 et 4 novembre, date à laquelle un généraliste bordelais viendra également en renfort. Cette initiative permet de pallier l’absence d’un des deux médecins salariés de la Maison de santé, alors que trois médecins exercent en libéral dans les environs.

Les patients ont exprimé leur soulagement. Philippe, un résident secondaire belge, a pu obtenir un rendez-vous après avoir échoué à en trouver un à Monflanquin, où les médecins ne prennent plus de nouveaux patients. « Je ne rentre pas en Belgique avant un mois. J’ai une grosseur qui apparaît, ma fille n’a pas voulu que j’attende », a-t-il expliqué.

Ghislaine, originaire du Puy-de-Dôme, a enfin trouvé un médecin traitant après des mois de téléconsultations à la pharmacie de la Lémance. « Pour trouver un dentiste, c’était pire. J’ai même dû aller dans l’Allier au début. Maintenant, j’en ai un à Penne », a-t-elle témoigné. Son médecin habituel étant indisponible, l’intervention du médecin volontaire était particulièrement opportune.

Georgette, quant à elle, a pu obtenir un rendez-vous avec un nouveau médecin traitant. Elle déplore la difficulté d’accès aux soins dans la région : « J’en connais plein qui n’ont pas de médecin. Un rendez-vous chez le kiné, c’est impossible. Il n’y a plus de dermatologue, l’ophtalmologue part… Ici, c’est la galère. Le pire, c’est pour le dentiste. »

Le médecin volontaire perçoit 200 euros de défraiement, en plus du remboursement des consultations. Pour prendre rendez-vous, le numéro de téléphone à contacter est le 05 53 36 88 58.

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