Publié le 22 novembre 2025 à 21h06. La conférence mondiale sur le climat, la COP30, qui s’est achevée au Brésil, a abouti à un accord formel qui n’aborde pas la question cruciale de l’élimination progressive des combustibles fossiles, malgré les appels pressants de nombreux pays.
- La COP30 n’a pas abouti à un accord sur une feuille de route pour abandonner les énergies fossiles, principal moteur du réchauffement climatique.
- Les États-Unis ont été absents des négociations, l’administration Trump ayant refusé d’envoyer une délégation.
- Un nouveau sommet international sur l’abandon des combustibles fossiles sera organisé en Colombie et aux Pays-Bas en avril prochain.
La conférence sur le climat de cette année, qui s’est tenue au Brésil, s’est conclue par un accord qui, bien que formel, n’a pas réussi à répondre aux attentes de nombreux pays en matière de lutte contre le changement climatique. La question de l’élimination progressive des combustibles fossiles, reconnue comme essentielle par la communauté scientifique, n’a pas été abordée de manière concrète.
Les États-Unis ont été remarquablement absents des négociations de cette année, connues sous le nom de COP30, après que l’administration Trump a refusé d’envoyer une délégation à Belém, au Brésil.
En fin de compte, la conférence n’a permis que des progrès modestes dans les efforts internationaux visant à freiner le réchauffement climatique et à faire face aux coûts de l’adaptation à une planète qui se réchauffe. Plus de 80 pays avaient pourtant demandé l’établissement d’une « feuille de route » pour sortir de l’économie mondiale des combustibles fossiles.
Le président de la COP30, le Brésilien André Aranha Corrêa do Lago, a reconnu que de nombreux pays souhaitaient un accord plus ambitieux. Vingt-quatre nations ont déclaré qu’elles continueraient à travailler avec l’ONU dans le cadre d’un nouveau processus axé sur la transition vers l’abandon des combustibles fossiles.
La ministre colombienne de l’Environnement, Irene Vélez Torres, a annoncé que la Colombie et les Pays-Bas accueilleraient une première conférence internationale consacrée à cette question en avril prochain. Cette conférence se veut complémentaire au processus climatique des Nations unies.
« L’idée de la conférence de Santa Marta est d’avoir ce premier espace dans lequel nous affirmons clairement que l’élimination progressive [des combustibles fossiles] est nécessaire. »
Irene Vélez Torres, ministre colombienne de l’Environnement
Les principaux producteurs de combustibles fossiles, notamment la Russie et l’Arabie saoudite, se sont opposés à la création d’un processus ou d’un calendrier pour s’éloigner de ces ressources énergétiques.
L’accord final ne mentionne pas les énergies fossiles, ce qui a suscité la déception de nombreux pays. Daniela Durán González, responsable des affaires internationales au ministère colombien de l’Environnement et du Développement durable, a déclaré que l’absence de mention des combustibles fossiles était inacceptable.
« Il n’y a pas d’atténuation du changement climatique si nous ne pouvons pas discuter de l’abandon des combustibles fossiles. »
Daniela Durán González, responsable des affaires internationales au ministère colombien de l’Environnement et du Développement durable
La conférence s’est déroulée alors qu’il est devenu clair que l’objectif de limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré Celsius (2,7 degrés Fahrenheit) par rapport aux températures de la fin du XIXe siècle serait dépassé dans les années 2030. Un rapport récent des Nations unies a conclu que le réchauffement dépasserait probablement ce seuil au cours de la prochaine décennie.
Les pays riches ont accepté, lors du sommet de l’année dernière en Azerbaïdjan, de fournir aux pays en développement au moins 300 milliards de dollars par an d’ici 2035, triplant ainsi l’engagement précédent. Cependant, les pays développés ont tardé à respecter leurs engagements financiers passés, et les fonds destinés à indemniser les pays pour les dommages liés au climat restent largement vides, selon le secrétaire général de l’ONU, António Guterres.
Les pays en développement sont confrontés à des pertes croissantes dues aux événements météorologiques extrêmes. Récemment, l’ouragan Melissa a frappé la Jamaïque en tant que tempête de catégorie 5, causant des dégâts estimés à 10 milliards de dollars, soit près d’un tiers du produit intérieur brut du pays.
La Chine a également mis en avant les questions commerciales lors de la conférence, soulignant son rôle de premier producteur mondial de technologies vertes et appelant à un libre-échange dans ce domaine.
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