Home MondeLe sommet des dirigeants d’Asie centrale et du Japon à Tokyo soutient le corridor transcaspien ; Tokaïev prévient que les risques nucléaires augmentent – ​​Problèmes mondiaux

Le sommet des dirigeants d’Asie centrale et du Japon à Tokyo soutient le corridor transcaspien ; Tokaïev prévient que les risques nucléaires augmentent – ​​Problèmes mondiaux

by Clara Dubois

Un nouveau partenariat stratégique a été lancé à Tokyo le 20 décembre, réunissant le Japon et les cinq États d’Asie centrale pour renforcer la coopération économique et sécuritaire dans la région. L’initiative, baptisée « Dialogue Asie centrale plus Japon » (CA+JAD), met l’accent sur la sécurisation des chaînes d’approvisionnement en minéraux critiques et le développement du corridor transcaspien, une voie commerciale alternative reliant l’Asie à l’Europe.

Lors d’un sommet présidé par la Première ministre Sanae Takaichi, les dirigeants ont adopté la « Déclaration de Tokyo », soulignant l’importance croissante de l’Asie centrale en tant que carrefour géopolitique et source essentielle de ressources pour la transition énergétique et les industries de pointe. Le Japon a insisté sur une approche pragmatique, axée sur la mise en œuvre de projets concrets.

Le corridor transcaspien, en particulier, représente une opportunité pour les pays d’Asie centrale de diversifier leurs options de transport et de réduire leur dépendance à l’égard des routes de transit existantes. Son développement pourrait attirer des investissements pour moderniser les infrastructures portuaires, ferroviaires et douanières, et générer des revenus supplémentaires grâce au transit et à la logistique.

Pour le Japon, cette coopération s’inscrit dans une stratégie de diversification des risques en matière de sécurité économique. En sécurisant l’approvisionnement en minéraux critiques – tels que les terres rares et le lithium – indispensables à la fabrication de batteries, de technologies renouvelables et d’appareils électroniques, le pays entend se prémunir contre les tensions géopolitiques. Le Japon espère également ouvrir de nouvelles opportunités pour ses entreprises dans les secteurs des infrastructures, de la logistique et du numérique.

La visite officielle du président kazakh Kassym-Jomart Tokayev au Japon, qui a précédé le sommet, a permis de renforcer les liens bilatéraux. Le 18 décembre, les deux dirigeants ont signé une déclaration commune sur un « partenariat stratégique élargi tourné vers l’avenir », réaffirmant leur engagement en faveur d’un ordre international fondé sur des règles et la Charte des Nations Unies.

Cette déclaration commune prévoit des mesures concrètes pour fluidifier les procédures douanières et améliorer les infrastructures portuaires, notamment la formation des agents des douanes en collaboration avec l’Organisation mondiale des douanes (OMD) et le soutien à l’amélioration des systèmes d’inspection des marchandises au port d’Aktau, au Kazakhstan. Les deux pays envisagent également de lancer des vols directs réguliers en 2026 et ont entamé des négociations pour conclure un accord bilatéral sur les services aériens.

Au-delà des questions économiques, le président Tokayev a alerté sur les risques croissants liés à la prolifération nucléaire lors d’une conférence à l’Université des Nations Unies à Tokyo le 19 décembre. Il a rappelé les tragédies d’Hiroshima et de Nagasaki, ainsi que les essais nucléaires menés par l’ancienne Union soviétique sur le site de Semipalatinsk au Kazakhstan, soulignant les conséquences dévastatrices des armes nucléaires.

« Le Kazakhstan a fait le choix de renoncer aux armes nucléaires héritées de l’Union soviétique, car la sécurité ne peut reposer uniquement sur la dissuasion nucléaire », a-t-il déclaré. Il a également mis en avant les initiatives kazakhes visant à promouvoir le désarmement nucléaire et à renforcer les normes régissant la zone exempte d’armes nucléaires en Asie centrale.

L’« Initiative CA+JAD Tokyo » identifie trois domaines prioritaires de coopération : la résilience environnementale et la transition énergétique, la connectivité (notamment le corridor transcaspien et la coopération en matière d’intelligence artificielle), et le développement humain (à travers des programmes de bourses et des collaborations dans les domaines de la santé et de la médecine). Le lancement du « Partenariat Japon-Asie centrale pour la coopération en matière d’IA » est également prévu.

Plus de 150 documents ont été signés en marge du sommet, avec un objectif de développement de projets commerciaux totalisant 3 000 milliards de yens (environ 20 milliards d’euros) au cours des cinq prochaines années. Cette réunion s’inscrit dans un contexte de diplomatie accrue en Asie centrale, avec des sommets similaires organisés par la Chine et les États-Unis.

Le Kazakhstan, en particulier, poursuit une politique étrangère « multi-vecteurs », cherchant à entretenir des relations équilibrées avec les grandes puissances afin de préserver sa souveraineté et ses options stratégiques. Les accords conclus à Tokyo confirment cette approche, combinant diversification des corridors de transport, coopération technologique et assistance au développement.

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