Barcelone affiche une amélioration notable de son espérance de vie, mais un paradoxe inquiétant se dessine : si les progrès médicaux réduisent la mortalité par cancer, le suicide est devenu la première cause de décès prématuré chez les hommes. Ce constat alarmant est au cœur du dernier rapport de l’Agence de santé publique de Barcelone (ASPB).
Selon le rapport annuel publié ce vendredi, le suicide dépasse désormais le cancer du poumon – en forte baisse depuis une décennie (-47,9 % depuis 2014) – comme principale cause de décès avant l’âge de 70 ans chez les hommes, avec un taux de 6,5 pour 100 000 habitants. Chez les femmes, le suicide est la quatrième cause de décès prématuré, avec un taux de 3,5 pour 100 000.
Malgré cette tendance préoccupante, l’ASPB souligne une amélioration globale de l’espérance de vie à Barcelone, qui atteint 87,5 ans pour les femmes et 82 ans pour les hommes, revenant ainsi à des niveaux comparables à ceux d’avant la pandémie.
Les maladies cardiovasculaires et les tumeurs restent les principales causes de décès, mais leur incidence diminue. Les maladies circulatoires prédominent chez les femmes, tandis que les tumeurs sont plus fréquentes chez les hommes. En 2023, Barcelone a enregistré 15 441 naissances pour 11 000 décès.
La santé mentale est devenue une priorité de santé publique. Les cas d’anxiété, de stress et de dépression sont en augmentation, avec près de 30 000 nouvelles inscriptions liées à l’anxiété en 2024. Ce phénomène est particulièrement marqué chez les femmes, les jeunes et les habitants des quartiers populaires. On dénombre également 9 300 nouveaux cas de dépression, également plus fréquents chez les femmes.
L’analyse géographique révèle une corrélation entre la pauvreté et la mortalité. Les quartiers de Ciutat Vella, de l’Eixample et de Sants-Montjuïc enregistrent les taux de suicide les plus élevés, surtout chez les hommes. Les tentatives de suicide, en revanche, sont plus fréquentes chez les femmes dans ces mêmes quartiers. En 2024, 1 988 épisodes d’idées suicidaires et de tentatives ont été recensés via le Code du risque de suicide (CRS), pour un total de 87 décès par suicide, dont 38 femmes.
« Plus un quartier est pauvre, plus le taux de mortalité est élevé », confirme le rapport, soulignant une distribution de la mortalité qui suit le modèle socio-économique de la ville.
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