Publié le 13 octobre 2023. Le marché du travail canadien a affiché une reprise inattendue en septembre, après deux mois de recul, semant un doute quant à la prochaine décision de la Banque du Canada concernant ses taux d’intérêt.
- L’économie canadienne a créé 60 000 emplois en septembre, après avoir perdu un total de 106 000 postes en juillet et août.
- Le taux de chômage est resté stable à 7,1 %, malgré une augmentation de la participation au marché du travail.
- Cette création d’emplois pourrait inciter la Banque du Canada à reconsidérer une baisse de taux d’intérêt.
Après une période de ralentissement estival, le marché du travail canadien a surpris en septembre en affichant une croissance notable. Cette amélioration intervient dans un contexte économique mondial incertain, marqué par les tensions commerciales et une conjoncture économique fragile.
Selon Statistique Canada, l’économie a créé 60 000 emplois le mois dernier, compensant partiellement les pertes cumulées des deux mois précédents. Le taux de chômage s’est maintenu à 7,1 %, même si davantage de Canadiens ont rejoint les rangs des actifs. La croissance de l’emploi a été entièrement portée par les emplois à temps plein.
Les perspectives économiques restent toutefois nuancées. Les analystes soulignent la volatilité des données mensuelles et mettent en garde contre une interprétation trop optimiste. L’emploi n’a augmenté que de 0,5 % cette année, et le taux de chômage a progressé depuis 2022, d’abord en raison de la hausse des taux d’intérêt, puis en raison d’une certaine prudence des entreprises en matière d’embauche.
« Le rapport solide d’aujourd’hui est certainement le bienvenu après les fortes baisses des deux mois précédents. L’économie du Canada continue de s’accrocher, faisant du surplace en attendant plus de certitude en matière de commerce. »
Doug Porter, économiste en chef de la Banque de Montréal
La guerre commerciale menée par les États-Unis continue de peser sur certains secteurs d’exportation, mais l’économie canadienne a jusqu’à présent mieux résisté que prévu aux pires scénarios envisagés au printemps dernier. Le secteur manufacturier, en particulier, a connu un rebond en septembre, créant 28 000 emplois, bien qu’il reste globalement en difficulté.
Cette création d’emplois inattendue a semé le doute quant à la prochaine décision de la Banque du Canada. Les marchés financiers évaluent désormais à 55 % la probabilité d’une baisse du taux d’intérêt directeur de 0,25 point de pourcentage le 29 octobre, selon les données de LSEG (London Stock Exchange Group). Cette probabilité était de 74 % la veille. La Banque du Canada avait repris ses baisses de taux le mois dernier, ramenant le taux directeur à 2,5 %.
« Compte tenu du taux de chômage constamment élevé, nous croyons toujours que la Banque du Canada doit baisser les taux pour remettre l’économie sur les rails. »
Royce Mendes, chef de la stratégie macro chez Valeurs mobilières Desjardins
L’Alberta a été la province la plus dynamique en septembre, avec une création de 43 000 emplois. Cependant, le marché du travail canadien reste confronté à des défis, notamment un taux de chômage élevé chez les jeunes (14,7 % pour les 15-24 ans), le plus élevé depuis septembre 2010 (hors période pandémique).
Par ailleurs, le gouvernement canadien continue de chercher des concessions tarifaires auprès des États-Unis pour les industries de l’acier, de l’aluminium, de l’automobile et du bois d’œuvre. Le premier ministre Mark Carney a rencontré le président américain Donald Trump cette semaine à Washington pour discuter de ces questions. Les États-Unis n’ont pas publié leur rapport sur l’emploi de septembre en raison de la fermeture du gouvernement, mais des données récentes indiquent un ralentissement des embauches aux États-Unis cette année.
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