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L’entourage de Trump se retire dans des bases militaires

by Amélie Bernard

Publié le 31 octobre 2025 à 21h22. Des membres de l’administration Trump, confrontés à une polarisation croissante et à des menaces directes, se retirent progressivement dans des enceintes sécurisées, notamment des bases militaires, soulevant des questions sur la militarisation de la société américaine.

  • Stephen Miller, conseiller à la sécurité intérieure, et sa famille ont déménagé sur une base militaire après avoir reçu des menaces.
  • D’autres hauts responsables de l’administration, dont la secrétaire à la Sécurité intérieure Kristi Noem et le secrétaire d’État Marco Rubio, ont également choisi de vivre dans des lieux sécurisés.
  • Cette tendance suscite des inquiétudes quant au brouillage des frontières entre les sphères civile et militaire aux États-Unis.

La polarisation politique aux États-Unis atteint un point critique, se manifestant par des actes d’intimidation à l’encontre de personnalités publiques et de leurs familles. Le magazine The Atlantic a révélé que plusieurs figures clés de l’administration Trump ont pris des mesures exceptionnelles pour assurer leur sécurité, allant jusqu’à s’installer dans des bases militaires.

L’incident le plus récent concerne Stephen Miller, chef de cabinet adjoint à la Maison Blanche et architecte de la politique d’immigration stricte du président Trump. Sa famille a été confrontée à une menace directe à leur domicile d’Arlington, en Virginie. Selon le magazine, l’épouse de Miller a été interpellée à la porte de leur propriété par un inconnu qui lui a lancé : « Nous vous surveillons ».

Cet événement intervient dans un contexte de tensions politiques exacerbées, notamment après le meurtre du militant républicain Charlie Kirk. Stephen Miller lui-même avait auparavant déclaré à l’égard de ses opposants :

« Nous ne vivrons pas dans la peur, mais vous vivrez en exil parce que le pouvoir des forces de l’ordre sous la direction du président Trump sera utilisé pour vous traquer, vous priver de votre argent et de votre pouvoir et, si vous avez enfreint la loi, vous priver de votre liberté. »

Selon le New York Times, Stephen Miller dispose d’un pouvoir croissant au sein de l’administration Trump. Face à la menace grandissante, il a pris la décision de déménager avec sa famille sur une base militaire, par mesure de précaution.

Mais Miller n’est pas le seul. La secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, a quitté son appartement à Washington après la publication par un journal britannique de détails sur son quartier. Elle réside désormais dans un lieu sécurisé par l’armée, tout comme le secrétaire d’État Marco Rubio et le chef du Pentagone Pete Hegseth.

The Atlantic s’interroge sur les implications de cette tendance. « Cette évolution contribue à brouiller les frontières traditionnelles entre les mondes civil et militaire », souligne le magazine. Adria Lawrence, professeure de politique à l’université Johns Hopkins, met en garde :

« Dans une démocratie solide, l’armée devrait servir à défendre le pays tout entier, pas seulement un parti. »

Ce phénomène rappelle des situations passées, comme le cas de Horst Herold, chef de l’Office fédéral de la police criminelle en Allemagne, qui s’était retiré dans une caserne pendant la période d’activité du groupe terroriste « Fraction Armée rouge » (RAF). Il y est resté même après la fin de son mandat en 1981, se décrivant comme « le dernier prisonnier de la RAF ».

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