Home SantéLes bébés peuvent naître sans mères biologiques à l’avenir

Les bébés peuvent naître sans mères biologiques à l’avenir

by Sophie Martin

Publié le 3 octobre 2025. Une avancée scientifique majeure ouvre la voie à de nouvelles perspectives en matière de fertilité : des chercheurs ont réussi à créer des cellules reproductrices humaines à partir de cellules de la peau, soulevant l’espoir de traitements innovants et même de la possibilité pour deux hommes d’avoir un enfant.

  • Des scientifiques ont développé une technique permettant de créer des cellules ressemblant à des ovules à partir de cellules de la peau humaine.
  • Ce processus, appelé mitomeiose, imite la division cellulaire naturelle et permet la fertilisation et le développement embryonnaire précoce.
  • Cette découverte pourrait aider les femmes souffrant d’infertilité et potentiellement permettre à des couples de même sexe d’avoir un enfant.

La recherche, publiée récemment, représente une étape significative dans le domaine de la reproduction humaine. Les chercheurs ont démontré qu’il était possible de transformer des cellules de la peau en cellules ayant les caractéristiques d’un ovule, et ce, avec le nombre correct de chromosomes. Cette technique, baptisée mitomeiose, reproduit les étapes clés de la division cellulaire qui aboutit à la formation d’un ovule mature.

Selon le professeur Richard Anderson, directeur adjoint du MRC Center for Reproductive Health de l’Université d’Édimbourg, cette avancée est considérable.

« La capacité de générer de nouveaux ovules serait une avancée majeure. »

Richard Anderson, directeur adjoint du MRC Center for Reproductive Health de l’Université d’Édimbourg

Il précise que l’étude démontre la possibilité d’utiliser le matériel génétique des cellules de la peau pour créer une cellule reproductrice capable d’être fécondée et de se développer en un embryon.

Les tests en laboratoire ont permis de produire 82 ovules fonctionnels, dont environ 9 % ont atteint le stade blastocyste, une étape cruciale du développement embryonnaire. Cependant, les chercheurs soulignent que la majorité des ovules produits n’ont pas progressé au-delà de la fertilisation et que beaucoup présentaient des anomalies.

Le professeur Ying Cheong, de l’Université de Southampton, qualifie ce travail de « preuve de concept passionnante ».

« Bien que ce soit encore très tôt dans la recherche, à l’avenir, cela pourrait transformer notre compréhension de l’infertilité et des fausses couches. »

Ying Cheong, Université de Southampton

Cette découverte pourrait offrir de nouvelles options thérapeutiques pour les femmes qui ont perdu la capacité de produire des ovules en raison de maladies ou de l’âge. Elle ouvre également la voie à des perspectives plus larges, comme la possibilité pour des couples de même sexe d’avoir un enfant biologique, bien que cette application soulève des questions éthiques et juridiques complexes qui devront être abordées.

Les prochaines étapes de la recherche consisteront à améliorer l’efficacité de la technique et à réduire le nombre d’anomalies observées dans les ovules produits. Les chercheurs devront également mener des études approfondies pour évaluer la sécurité et la faisabilité de cette approche avant qu’elle puisse être appliquée en clinique.

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