Publié le 5 octobre 2025 à 23h47. Une escalade des tensions diplomatiques entre la Colombie et les États-Unis pourrait avoir des conséquences importantes sur l’économie colombienne, notamment dans les secteurs agricole et manufacturier, selon la présidente d’AmCham Colombie.
- Les secteurs agricoles et manufacturiers colombiens, fortement dépendants du marché américain, pourraient subir un impact majeur.
- 40 % des exportations de café colombien sont destinées aux États-Unis, soutenant 543 000 familles et 1 300 000 emplois.
- Plus de 2 millions d’emplois dans le secteur manufacturier colombien sont liés aux échanges commerciaux avec les États-Unis.
La présidente exécutive de la Chambre de commerce colombienne (AmCham Colombie), María Claudia Lacouture, a mis en garde contre les répercussions d’une confrontation persistante entre le président Gustavo Petro et les États-Unis. Selon elle, c’est la population colombienne qui en paierait le prix fort.
S’exprimant devant les médias nationaux, Mme Lacouture a souligné la vulnérabilité de l’économie colombienne face à une détérioration des relations bilatérales. Elle a notamment insisté sur la dépendance des secteurs agricoles et manufacturiers vis-à-vis de l’accès au marché américain.
« Si le président Gustavo Petro continue d’insister pour générer une confrontation avec les États-Unis, ce sont les Colombiens qui paieront cet impact, sans aucun doute. »
María Claudia Lacouture, présidente d’AmCham Colombie
Le café est un exemple frappant de cette dépendance. 40 % des exportations de café colombien (soit un volume important pour l’économie nationale) sont acheminées vers les États-Unis, assurant le soutien de 543 000 familles et générant 1 300 000 emplois. Le secteur floricole est également fortement concerné, avec 80 % de ses exportations destinées au marché américain, ce qui représente 220 000 emplois, dont une part significative occupée par des femmes qui assurent la subsistance de leurs foyers.
Le secteur des fruits n’est pas en reste. Selon les estimations d’AmCham Colombie, 750 000 emplois sont liés aux exportations de fruits vers les États-Unis, qui représentent 30 % du total des exportations de fruits colombiennes. À cela s’ajoutent plus de 2 millions d’emplois dans le secteur manufacturier, qui bénéficient directement ou indirectement des avantages découlant de la relation bilatérale.
Mme Lacouture a insisté sur la responsabilité du gouvernement national dans la protection des avantages économiques que les Colombiens tirent de cette relation. Elle a souligné que toute action susceptible de modifier ces avantages aurait des conséquences directes sur le bien-être économique du pays.
Ces avertissements interviennent dans un contexte de tensions diplomatiques croissantes. Le Conseil de sécurité des Nations Unies a récemment été le théâtre d’une nouvelle confrontation, les États-Unis accusant le gouvernement de Gustavo Petro d’entraver le processus de paix en Colombie. Le président colombien a immédiatement réagi, défendant la souveraineté de sa politique de paix.
Le diplomate américain Mike Waltz a qualifié de « irresponsables » les politiques de sécurité et de paix promues par l’administration Petro, remettant en question la stratégie de paix du président colombien. En réponse, Gustavo Petro a défendu l’autonomie de son gouvernement sur son compte X :
« Je demande respectueusement au gouvernement américain. »
Gustavo Petro, président de la Colombie
Le président colombien a également précisé que le Conseil de sécurité n’exerce qu’une tutelle sur le processus de paix avec les FARC, conformément à une déclaration unilatérale de l’État colombien.
Mme Lacouture a conclu en soulignant la nécessité de prendre conscience de l’importance structurelle des relations économiques avec les États-Unis pour de larges segments de la société colombienne.
« Nous parlons de plus de 2 millions d’emplois dans le secteur manufacturier. Je pense donc qu’il incombe au président Gustavo Petro d’agir de manière responsable dans une relation qui génère des revenus importants pour les Colombiens », a-t-elle déclaré.
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