Home Santéles effets inconnus de l’entraînement en force sur le cerveau

les effets inconnus de l’entraînement en force sur le cerveau

by Sophie Martin

Publié le 2024-02-29 10:30:00. À 50 ans, l’âge n’est plus une limite, mais un nouveau départ. Le psychologue et biohacker Marcos Apud dévoile les clés pour optimiser son bien-être physique et mental et vivre plus longtemps, et surtout, mieux.

  • Le biohacking, une approche personnalisée pour améliorer la santé et la longévité.
  • L’importance de renouer avec des habitudes ancestrales combinées aux technologies modernes.
  • Des interventions simples, comme le jeûne intermittent et l’exposition au froid, pour un impact systémique sur le corps et l’esprit.

La sagesse populaire, relayée par des auteurs comme Borges qui voyait dans la vieillesse un potentiel bonheur, trouve un écho scientifique auprès d’une nouvelle génération d’experts. Loin d’être une fatalité, le vieillissement peut être activement influencé par nos choix de vie. C’est le postulat de Marcos Apud, psychologue et spécialiste de la longévité, qui explore les pistes du « biohacking » pour repousser les limites de l’humain.

Son intérêt pour la longévité est né d’une prise de conscience amère : lors d’une conférence de psychothérapie à Rome, il a été frappé par l’affirmation selon laquelle les psychothérapeutes vivraient en moyenne dix ans de moins que la population générale. Désireux de réfuter cette idée, il s’est lancé dans une exploration approfondie des facteurs influençant la santé et le bien-être, aboutissant à la publication de deux ouvrages, « Bien plus que l’humain » et « Neurolongévité : un cerveau qui dure cent ans ». Il a partagé ses découvertes avec nous, expliquant comment « pirater » son cerveau pour améliorer sa qualité de vie.

« Le biohacking, ce n’est pas de la science-fiction, mais un mode de vie », explique Marcos Apud. Il s’agit de modifier nos habitudes quotidiennes en agissant sur les piliers fondamentaux du bien-être : sommeil, nutrition, activité physique, gestion du stress, supplémentation, connexion avec la nature et hygiène électromagnétique. L’objectif ? Atteindre trois résultats clés : un système immunitaire robuste, une productivité accrue tout en maintenant un bien-être optimal, et une longévité active et épanouie. Il ne s’agit pas seulement de vivre plus longtemps, mais de vivre mieux.

Le biohacking puise son inspiration dans des pratiques ancestrales, comme l’exposition au froid et à la chaleur, au soleil et à la nature, en les combinant avec les avancées technologiques. « C’est un mélange de science, de technologie et de sagesse ancestrale pour maximiser notre biologie et notre mentalité », précise l’expert. Le corps devient alors un véritable laboratoire personnel, où l’on mesure l’impact de chaque changement – alimentaire, d’exposition à la lumière, d’entraînement, de supplémentation ou de sommeil – grâce à des dispositifs de suivi (trackers). L’idée est de valider scientifiquement des pratiques que nos aïeux connaissaient déjà, comme les douches froides, la marche pieds nus ou un dîner léger, aujourd’hui reconnues pour leurs bienfaits sur l’immunité, la clarté mentale, l’inflammation et le repos.

Ces interventions, souvent brèves et simples, ont un impact systémique sur tous les aspects de l’être : corps, esprit, émotions, énergie et spiritualité. Le jeûne intermittent, par exemple, est présenté comme un outil puissant, adaptable à tous les âges, et bénéfique sur les plans physique, mental et émotionnel.

Pourquoi le biohacking est-il devenu si important ? Selon Marcos Apud, il s’agit de retrouver des habitudes ancestrales que nous avons perdues au cours des dernières décennies, en raison d’un mode de vie urbain axé sur le confort et la sédentarité. Cette sédentarité se manifeste sous différentes formes : immobilité physique, thermique (évitement des températures extrêmes) et cognitive, avec une perte des capacités mentales qui pourrait être exacerbée par l’intelligence artificielle si nous ne prenons pas soin de nos fonctions cognitives. « Dans quelques années, la capacité la plus précieuse de l’être humain sera sa capacité à penser », souligne-t-il.

Parmi les habitudes les plus impactantes sur la qualité de vie, Marcos Apud recommande de dormir le ventre vide, en mangeant au moins trois heures avant le coucher. Il préconise également un dîner vers 19h et un coucher entre 22h et 22h30, afin de respecter le cycle circadien et de favoriser un réveil naturel entre 6h30 et 7h. Il insiste sur l’importance de ne pas perturber ce cycle en s’exposant à la lumière bleue des écrans avant de dormir. L’utilisation de bloqueurs de lumière bleue peut aider à stabiliser le rythme circadien et à améliorer la qualité du sommeil.

Pour augmenter la productivité, il est essentiel de concentrer les tâches intellectuellement exigeantes avant 18h ou 19h, en tenant compte du cycle circadien qui favorise la performance cognitive jusqu’en milieu d’après-midi. Il est également déconseillé de s’entraîner tard le soir et de limiter sa consommation de liquides avant de se coucher.

Enfin, Marcos Apud met en avant l’importance de l’entraînement en force, souvent négligé au profit d’activités cardiovasculaires. Après 40 ans, la perte de masse musculaire (sarcopénie) s’accélère, et il est crucial de la contrer en pratiquant une musculation régulière, avec un poids suffisamment lourd pour réaliser entre 5 et 8 répétitions. L’entraînement en force stimule également la production de BDNF (Brain-Derived Neurotrophic Factor), une protéine qui favorise la plasticité cérébrale et la création de nouvelles connexions neuronales. « Moins de sudoku, plus de sueur », résume-t-il.

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