Publié le 29 octobre 2025 à 09h20. Une nouvelle étude révèle que les femmes bénéficient d’une protection cardiovasculaire plus importante que les hommes avec une activité physique modérée, remettant en question les recommandations d’exercice uniformes et soulignant la nécessité d’une approche personnalisée.
- Les femmes semblent obtenir une protection contre les maladies coronariennes et la mortalité avec un niveau d’activité physique inférieur à celui des hommes.
- L’étude, basée sur les données de plus de 80 000 participants, met en évidence des disparités significatives entre les sexes en matière de bénéfices liés à l’exercice.
- Les résultats suggèrent que les directives d’activité physique devraient être adaptées en fonction du sexe pour optimiser la prévention des maladies cardiovasculaires.
Des recherches récentes, publiées dans la revue Nature Cardiovascular Research, démontrent que les femmes tirent un avantage cardiovasculaire significatif d’une activité physique moins intense que les hommes. Cette découverte remet en question les recommandations actuelles, qui préconisent un niveau d’exercice uniforme pour tous, et plaide pour une approche plus personnalisée.
Les directives actuelles de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), de l’American Heart Association (AHA) et de la Société Européenne de Cardiologie (ESC) recommandent au moins 150 minutes d’activité physique modérée à vigoureuse (APMV) par semaine pour prévenir le développement ou la progression des maladies coronariennes. Cependant, l’étude révèle un écart important entre les sexes en termes de capacité physique et de respect de ces recommandations. Il a été constaté que la prévalence d’une insuffisance d’APMV est supérieure de 5 points de pourcentage chez les femmes par rapport aux hommes à l’échelle mondiale.
Pour mener à bien cette étude, les chercheurs ont analysé les données de la cohorte United Kingdom Biobank, portant sur 103 695 participants ayant fourni des données hebdomadaires sur leur activité physique grâce à un accéléromètre portable entre 2013 et 2015. Après exclusion des participants présentant des données incomplètes ou ayant déjà développé une maladie coronarienne, l’analyse a porté sur 80 243 personnes sans antécédents de maladies cardiaques et 5 169 patients atteints de maladies coronariennes.
L’activité physique a été mesurée en termes de durée d’APMV, définie comme l’accumulation de périodes de 5 secondes avec une accélération moyenne supérieure à 100 milligravités (mg). Les chercheurs ont également évalué le respect des recommandations de l’OMS, de l’AHA et de l’ESC, ainsi que le nombre de jours où ces recommandations étaient atteintes.
Les résultats ont révélé qu’une augmentation de 30 minutes par semaine d’APMV était associée à une réduction du risque de maladies coronariennes, en particulier chez les femmes. Les hommes pratiquant une activité physique conforme aux recommandations standard présentaient un taux d’incidence de maladies coronariennes de 703,53 pour 100 000 années-personnes, contre 1 143,62 pour les hommes inactifs. Chez les femmes, les taux d’incidence étaient respectivement de 249,16 et 519,28.
De manière significative, les hommes et les femmes respectant les recommandations standard ont constaté une réduction relative du risque de maladies coronariennes de 17 % et 22 % respectivement, avec une tendance similaire pour ceux qui dépassaient les recommandations de l’OMS. En ce qui concerne la mortalité, le respect des recommandations prolongées de l’OMS (300 minutes par semaine) n’était pas significativement associé à une réduction du risque après ajustement des données. L’étude a révélé que les hommes avaient besoin de 530 minutes par semaine d’APMV, tandis que les femmes n’avaient besoin que de 250 minutes pour obtenir une réduction de 30 % du risque de maladies coronariennes.
L’analyse de la mortalité a montré des effets protecteurs de l’APMV chez les deux sexes. Chez les femmes atteintes de maladies coronariennes, seules 340 personnes respectaient les recommandations standard, avec seulement six décès enregistrés, contre 111 décès chez celles qui ne suivaient pas les directives. Des bénéfices similaires, bien que moins prononcés, ont été observés chez les hommes atteints de maladies coronariennes.
Les auteurs de l’étude soulignent certaines limites, notamment le fait que la population étudiée était majoritairement blanche et avait un mode de vie relativement sain, ce qui pourrait limiter la généralisation des résultats. De plus, il s’agit d’une étude observationnelle, qui ne permet pas d’établir un lien de causalité direct entre l’activité physique et la réduction du risque cardiovasculaire.
En conclusion, cette étude met en évidence des disparités significatives entre les sexes en matière de bénéfices de l’activité physique sur la santé cardiovasculaire. Les résultats suggèrent que les recommandations d’activité physique devraient être adaptées en fonction du sexe afin d’optimiser la prévention des maladies coronariennes et de réduire les inégalités en matière de santé. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour comprendre les mécanismes biologiques sous-jacents à ces différences sexuelles.
Référence de l’étude :
- Chen J, Wang Y, Zhong Z et al. (2025). Sex differences in the association of accelerometer-derived physical activity with coronary heart disease incidence and mortality. Nature Cardiovascular Research. DOI : 10.1038/s44161-025-00732-z, https://www.nature.com/articles/s44161-025-00732-z
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