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Les graisses alimentaires dictent les rythmes alimentaires saisonniers, selon une étude

by Sophie Martin

Publié le 23 octobre 2025 19h47. Une étude de l’université de Californie à San Francisco révèle que nos préférences alimentaires sont intimement liées aux cycles saisonniers, et que la consommation de graisses saturées pourrait perturber notre horloge biologique.

  • La consommation de graisses saturées influence une protéine clé, PER2, qui régule le métabolisme des graisses et les rythmes circadiens.
  • Les plantes produisent davantage de graisses saturées en été, signalant une période d’abondance, tandis que les graisses insaturées prédominent en automne, préparant à l’hiver.
  • Cette recherche pourrait ouvrir de nouvelles pistes pour la prévention et le traitement de l’obésité et du diabète de type 2.

Nos envies alimentaires ne sont peut-être pas aussi aléatoires qu’il y paraît. Selon une nouvelle étude menée par des chercheurs de l’université de Californie à San Francisco (UCSF), nos habitudes alimentaires sont profondément ancrées dans les rythmes saisonniers, et plus précisément dans l’équilibre entre les graisses saturées et insaturées que nous consommons.

L’étude, publiée le 23 octobre dans la revue Science, suggère que les graisses saturées, présentes notamment dans les aliments transformés, peuvent tromper notre organisme en lui faisant croire que l’été est toujours présent, même en plein hiver. Ce décalage pourrait avoir des conséquences sur notre métabolisme et notre capacité à réguler notre poids.

Jusqu’à présent, les scientifiques pensaient que la durée du jour était le principal indicateur saisonnier pour les mammifères. Les ours, par exemple, accumulent des réserves de graisse en été pour survivre à leur hibernation hivernale. Cependant, cette nouvelle recherche met en lumière le rôle crucial des graisses dans la perception des saisons par notre corps.

Les chercheurs ont découvert que les graisses saturées affectent l’activité d’une protéine appelée PER2, qui joue un rôle central dans le métabolisme des graisses et la régulation de notre horloge biologique. En fonction de la quantité de graisses saturées consommée, PER2 peut soit stimuler la combustion des graisses, soit favoriser leur stockage.

En été, lorsque les plantes produisent davantage de graisses saturées, PER2 encourage l’organisme à stocker de l’énergie pour les mois d’hiver, où la nourriture se fait plus rare. À l’automne, la production de graisses insaturées augmente, signalant à PER2 qu’il est temps de puiser dans les réserves accumulées.

« Il est tout à fait logique que la nutrition et la durée de la journée guident le comportement saisonnier », a déclaré le Dr Louis Ptacek, professeur de neurologie et auteur principal de l’étude, en citant l’exemple des ours en hibernation. « Si c’est l’automne et qu’il y a encore beaucoup de noix et de baies à manger, l’ours pourrait tout aussi bien continuer à manger plutôt que de s’endormir en hiver, même s’il sent que les jours raccourcissent. »

Louis Ptacek, MD, professeur de neurologie, UCSF

L’étude a été menée sur des souris, mais les chercheurs estiment que les résultats pourraient être transposables à l’homme. Ils ont observé que les souris nourries avec un régime riche en graisses saturées avaient du mal à s’adapter aux changements saisonniers et à ajuster leur comportement en fonction de la durée du jour.

Les souris consommant davantage de graisses hydrogénées, présentes dans les aliments transformés, ont notamment eu du mal à s’adapter à l’obscurité prolongée de l’hiver et ont mis plus de temps à devenir actives après le coucher du soleil.

« Ces types de graisses semblent empêcher les souris de ressentir les premières nuits de l’hiver », a expliqué le chercheur postdoctoral Dan Levine. « Cela soulève la question de savoir si la même chose se produit pour les personnes qui grignotent des aliments transformés. »

Dan Levine, PhD, chercheur postdoctoral, UCSF

Au-delà des graisses saturées, les chercheurs soulignent que notre mode de vie moderne, avec son éclairage artificiel et son accès permanent à une abondance de nourriture, peut également perturber nos rythmes saisonniers naturels. Manger beaucoup de nourriture devient problématique lorsque l’on ne peut plus échapper à la tentation.

Les perturbations des rythmes biologiques sont associées à divers problèmes de santé, tels que les troubles du sommeil, l’obésité, le diabète et les troubles mentaux. Les chercheurs espèrent que cette nouvelle étude permettra de mieux comprendre ces mécanismes et de développer de nouvelles stratégies pour prévenir et traiter ces maladies. Ils suggèrent notamment de limiter la consommation d’aliments gras, en particulier pendant les mois d’hiver.

« Ce cookie de Noël pourrait bien se transformer en deux le lendemain, parce que vous avez déjà trompé votre horloge circadienne en lui faisant croire que c’est l’été », prévient Levine.

Source:

Référence du journal :

Levine, DC, et al. (2025). Unsaturated fats modulate clock phosphorylation to align rhythms with season in mice. Science. doi.org/10.1126/science.adp3065

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