Home SantéLes hôpitaux du NHS vont tester un outil d’IA qui aide à diagnostiquer et à traiter le cancer de la prostate | Cancer de la prostate

Les hôpitaux du NHS vont tester un outil d’IA qui aide à diagnostiquer et à traiter le cancer de la prostate | Cancer de la prostate

by Sophie Martin

Publié le 2024-05-31 14:35:00. Un nouvel outil d’intelligence artificielle (IA) va être testé dans les hôpitaux du Service national de santé britannique (NHS) pour affiner le diagnostic du cancer de la prostate et guider les choix thérapeutiques, une avancée potentielle pour améliorer la prise en charge de cette maladie fréquente.

  • Un essai clinique de 1,9 million de livres sterling (environ 2,2 millions d’euros) va évaluer l’efficacité d’ArteraAI Prostate Biopsy Assay sur plus de 4 000 hommes.
  • L’outil analyse les images de biopsies pour évaluer le risque de chaque patient et prédire sa réponse aux traitements, notamment l’abiratérone et l’hormonothérapie combinée à la radiothérapie.
  • Les chercheurs espèrent que cette technologie permettra de réduire le sous-traitement et le surtraitement, en adaptant les soins à chaque profil de patient.

L’étude Vanguard Path, menée par des chercheurs de l’Université d’Oxford et financée par Prostate Cancer UK, vise à déterminer si l’outil d’IA peut être utilisé efficacement dans le contexte du système de santé britannique. L’IA a déjà démontré son potentiel dans des essais cliniques aux États-Unis, notamment pour identifier les patients susceptibles de bénéficier de l’abiratérone, un médicament utilisé dans les cancers de la prostate résistrés à la castration.

Au-delà de cette application, les premiers résultats suggèrent que l’outil pourrait également aider à affiner la prise en charge des formes moins agressives de la maladie. Il permettrait de déterminer quels patients pourraient bénéficier d’une hormonothérapie associée à la radiothérapie, ou au contraire, d’une simple surveillance active, évitant ainsi des traitements inutiles.

Selon le Dr Matthew Hobbs, directeur de la recherche chez Prostate Cancer UK, cet outil représente une avancée significative :

« Si et quand cela sera mis en œuvre, vous pourrez utiliser un seul outil, quel que soit votre niveau sur l’échelle d’agressivité, pour prendre une décision très importante sur le plan clinique et améliorant la vie de chacun de ces hommes. »

Dr Matthew Hobbs, directeur de la recherche, Prostate Cancer UK

Il précise que l’outil est déjà largement utilisé aux États-Unis.

La première phase de l’étude utilisera des échantillons de biopsies déjà collectés auprès de patients ayant suivi un traitement pour un cancer de la prostate, afin de valider la pertinence des prédictions de l’IA dans la population britannique. L’outil sera ensuite testé en conditions réelles dans trois hôpitaux : North Bristol NHS Trust, Oxford University Hospitals NHS Foundation Trust et NHS Greater Glasgow et Clyde.

Le protocole prévoit que les biopsies soient analysées de manière standard, que les décisions thérapeutiques soient prises, puis que les cliniciens du NHS soient confrontés aux résultats de l’IA. Ils seront alors interrogés sur l’impact de ces informations sur leurs choix initiaux. L’étude analysera également l’influence de l’outil sur le délai entre le diagnostic et le début du traitement.

Les experts estiment que cette technologie pourrait contribuer à une meilleure allocation des ressources et à une prise en charge plus personnalisée du cancer de la prostate. L’objectif est de réduire les erreurs de traitement, qu’il s’agisse de sous-traitement, où des patients qui auraient pu bénéficier d’un traitement n’en reçoivent pas, ou de surtraitement, où des patients sont traités alors qu’une simple surveillance aurait suffi.

Le professeur Gerhardt Attard, de l’University College London, qui a participé à des recherches sur l’abiratérone mais ne fait pas partie de l’essai Vanguard Path, souligne l’importance de cette étude :

« Lorsque vous appliquez cela au monde réel du NHS, un certain nombre de défis et de différences surgiront inévitablement et c’est ce que cette étude abordera. »

Professeur Gerhardt Attard, University College London

Ashley Dalton, ministre de la Santé publique et de la Prévention, s’est également réjouie du lancement de l’essai :

« Cette recherche révolutionnaire pourrait constituer un grand pas en avant, démontrant le pouvoir de la technologie pour potentiellement transformer des vies et améliorer les résultats du cancer. »

Ashley Dalton, ministre de la Santé publique et de la Prévention

Elle a souligné l’investissement du gouvernement dans un NHS numérique, visant à exploiter l’IA et à moderniser les systèmes de soins.

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