Publié le 19 novembre 2025. De nouvelles études de grande envergure confirment l’efficacité des inhibiteurs du SGLT2 pour ralentir la progression des maladies rénales, réduire les hospitalisations et améliorer la survie, et ce, quel que soit le statut diabétique du patient.
- Les inhibiteurs du SGLT2 réduisent le risque de progression de l’insuffisance rénale chronique de 38 % par rapport au placebo.
- Ces bénéfices sont observés même chez les patients atteints de stades avancés de la maladie rénale ou présentant une faible albuminurie.
- Les hospitalisations pour insuffisance cardiaque sont diminuées d’un tiers chez les diabétiques et d’un quart chez les non-diabétiques.
Des recherches menées par le George Institute for Global Health (Royaume-Uni) et présentées lors de la réunion Kidney Week de l’American Society of Nephrology, ainsi que publiées dans JAMA, démontrent que les inhibiteurs du cotransporteur sodium-glucose 2 (SGLT2) offrent une protection significative contre la détérioration de la fonction rénale, les hospitalisations et le décès, indépendamment de la présence de diabète ou du niveau de fonction rénale du patient.
Initialement conçus pour le traitement du diabète de type 2, ces médicaments ont déjà prouvé leur efficacité contre l’insuffisance cardiaque et l’insuffisance rénale chronique (IRC). Cependant, il restait à déterminer si leurs bienfaits persistaient chez les patients atteints de maladies rénales chroniques plus sévères, présentant de faibles niveaux d’albuminurie (la présence de protéines dans l’urine, un indicateur précoce de problèmes rénaux), ou encore chez les personnes non diabétiques.
L’analyse principale, portant sur les données de plus de 70 000 participants issus de dix essais cliniques randomisés, révèle que les inhibiteurs du SGLT2 diminuent le risque de progression de l’IRC de 38 % par rapport à un placebo. De manière remarquable, ces résultats se sont avérés constants quel que soit le niveau de fonction rénale des patients, mesuré par le débit de filtration glomérulaire estimé (DFGe). Plus précisément, les inhibiteurs du SGLT2 ont ralenti le taux annuel de déclin du DFGe de 51 % par rapport au placebo, et ce, à tous les stades de la maladie rénale et pour tous les niveaux d’albuminurie.
Les chercheurs ont constaté que ces effets bénéfiques étaient également présents chez les patients atteints d’IRC de stade 4 (DFG < 30 ml/min/1,73 m²) et chez ceux présentant une albuminurie minime ou absente (rapport albumine-créatinine urinaire, uACR = 30 mg/g), des groupes pour lesquels les recommandations thérapeutiques étaient jusqu'à présent moins claires.
Une seconde analyse a examiné les avantages et les risques des inhibiteurs du SGLT2 en fonction de la présence de diabète et du niveau d’albuminurie. Elle a confirmé que tous les patients, diabétiques ou non, bénéficiaient d’une réduction significative des hospitalisations. Les hospitalisations pour insuffisance cardiaque ont ainsi diminué de près d’un tiers chez les patients diabétiques et d’un quart chez ceux qui ne le sont pas. Le risque d’événements indésirables graves est resté faible et largement compensé par les gains en termes de santé et de survie.
Selon le professeur Brendon Neuen, directeur du programme rénal et métabolique au George Institute et auteur principal de l’une des études :
« Ces résultats constituent les preuves les plus solides à ce jour pour justifier une utilisation plus large des inhibiteurs du SGLT2 chez les personnes atteintes d’IRC. »
Brendon Neuen, professeur agrégé et directeur du programme rénal et métabolique au George Institute
Il ajoute :
« Les inhibiteurs du SGLT2 sont un outil puissant pour réduire le fardeau de l’insuffisance rénale, des hospitalisations et des décès prématurés chez les patients atteints de diabète, d’IRC ou d’insuffisance cardiaque. Ces résultats suggèrent que beaucoup plus de personnes que celles qui en bénéficient actuellement pourraient en tirer profit, ce qui représente une opportunité exceptionnelle d’améliorer la santé publique. Nos conclusions plaident en faveur d’une simplification des directives thérapeutiques pour encourager une utilisation plus étendue de ces médicaments. »
Brendon Neuen, professeur agrégé et directeur du programme rénal et métabolique au George Institute
Les chercheurs anticipent qu’avec la disponibilité croissante de versions génériques de ces médicaments dans les années à venir, il sera possible de transformer les soins de millions de personnes atteintes ou à risque de développer une maladie rénale à l’échelle mondiale.