Home AffairesLes marchandises en provenance des marchés asiatiques deviendront plus chères. Mais ce sera quand même moins cher que depuis l’Europe

Les marchandises en provenance des marchés asiatiques deviendront plus chères. Mais ce sera quand même moins cher que depuis l’Europe

by Amélie Bernard

Publié le 25 novembre 2023. Les ministres des Finances de l’Union européenne ont décidé de mettre fin aux exonérations douanières pour les petites commandes en provenance de l’étranger, notamment de Chine, à partir de 2026. Cette mesure vise à instaurer une concurrence plus équitable pour les commerçants européens, mais son impact réel sur les prix reste incertain.

  • Fin des exonérations douanières “de minimis” pour les colis jusqu’à 150 euros en provenance de pays tiers.
  • Mise en place progressive de nouveaux droits de douane à partir de 2026, avec deux régimes possibles.
  • L’impact sur les prix dépendra des tarifs douaniers spécifiques à chaque produit et des pratiques des vendeurs.

Les ministres des Finances de l’Union européenne ont convenu jeudi de supprimer, dès que possible et au plus tard en 2026, l’exonération douanière dite “de minimis”. Actuellement, les colis d’une valeur inférieure ou égale à 150 euros en provenance de pays extérieurs à l’UE, comme la Chine, ne sont pas soumis à des droits de douane. Cette situation a favorisé une augmentation massive des achats en ligne sur des plateformes asiatiques telles que Temu, Shein et Trendyol, au détriment des commerçants européens.

Cependant, cette nouvelle réglementation ne devrait pas pénaliser de manière significative les plateformes chinoises, car les droits de douane appliqués à la plupart des produits sont relativement faibles. Les exceptions concernent notamment les chaussures (17 %) et la porcelaine (32 %).

La mise en œuvre de cette décision se fera en deux étapes. Dès 2026, un taux de droit forfaitaire devrait être appliqué aux colis importés. Les détails de ce système restent encore à définir. À partir de 2028, les marchandises seront soumises aux tarifs douaniers en vigueur, ceux-ci étant déjà appliqués à de nombreux produits.

Les produits les plus vendus sur les plateformes asiatiques – mode ultra-rapide, accessoires pour la maison et le jardin, petit matériel électronique (écouteurs, chargeurs, batteries externes, etc.), cosmétiques, jouets, chaussures et produits pour animaux de compagnie – bénéficieront actuellement de tarifs douaniers très bas. Par exemple, un clavier d’ordinateur est taxé à seulement 2,1 %, un fer à repasser ou une cafetière à 2,7 %, et un rasoir à 2,2 %. Seuls les projecteurs de télévision (14 %) et les fours à micro-ondes (5 %) sont soumis à des taxes plus élevées.

Selon Jan Mařík, propriétaire de la chaîne de jouets Sparkys, le coût de production d’un jouet destiné au marché européen est déjà 40 % plus élevé que celui d’un jouet similaire vendu en Chine ou aux États-Unis.

« Lorsque nous achetons des jouets en Chine, le prix pour l’Europe est environ 40 pour cent plus élevé que le prix du même jouet sur le marché chinois ou américain. »

Jan Mařík, propriétaire de la chaîne de jouets Sparkys

Les commerçants européens soulignent que cette différence de prix s’explique également par le fait que les produits asiatiques ne respectent pas toujours les normes de sécurité européennes, ne portent pas les certifications requises et ne sont pas soumis aux coûts liés au recyclage des déchets.

Petr Bena, vice-président du conseil d’administration d’Alza.cz, estime que le principal problème n’est pas tant les droits de douane que l’importation de produits non conformes aux normes européennes.

« Le principal problème dans le secteur de l’électronique n’est pas les tarifs douaniers, mais le fait que des produits sans certificats valables pour l’UE soient vendus sur les marchés, ce qui augmente fondamentalement le prix de nos produits et les rend plus chers. »

Petr Bena, vice-président du conseil d’administration d’Alza.cz

L’application des droits de douane actuels pourrait entraîner une légère augmentation des prix, de quelques couronnes à plusieurs dizaines, selon les produits. Par exemple, un T-shirt pour homme vendu à 150 couronnes pourrait coûter 168 couronnes après l’application des taxes.

Les associations de commerçants saluent cette décision, mais insistent sur la nécessité de renforcer le contrôle de la TVA et de responsabiliser les plateformes en ligne quant aux pratiques de leurs vendeurs. Selon Pavel Voparił, directeur du magasin de meubles Bonami, les plateformes peuvent éviter de payer la TVA en utilisant des adresses et des adresses e-mail fictives, ce qui rend leur contrôle difficile.

Tomáš Prouza, président du syndicat du commerce et du tourisme, souligne que la collecte effective de la TVA aura un impact plus important que les droits de douane.

« Une meilleure collecte de la TVA aura un plus grand effet. Mais l’essentiel est qu’il y ait des données sur ce qui entre dans l’UE, qu’il y ait des enregistrements des paiements pour les emballages, etc. »

Tomáš Prouza, président du syndicat du commerce et du tourisme

Droits de douane sur les importations en provenance de Chine

  • Clavier d’ordinateur de jeu 2,1 %
  • Fer 2,7 %
  • Grille-pain, cafetière 2,7 %
  • Rasoir 2,2 %
  • Four à micro-ondes 5 %
  • Projecteur TV14 %
  • Écouteurs et autres appareils électroniques 0 %
  • Textile 12 %
  • Chaussures en cuir 8 %
  • Chaussures synthétiques 16,9 %
  • Sacs à dos 3,7 %
  • Jouets 0-10 %

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