Home SantéLes médecins ont trouvé un moyen d’arrêter une réaction mortelle à la metformine

Les médecins ont trouvé un moyen d’arrêter une réaction mortelle à la metformine

by Sophie Martin

Publié le 9 novembre 2025 17h39. Une nouvelle approche thérapeutique, axée sur la dialyse précoce, a permis de réduire significativement le taux de mortalité lié à l’acidose lactique associée à la metformine (MALA), une complication rare mais grave chez les patients diabétiques, dans un hôpital thaïlandais.

  • La mise en place d’un protocole clinique standardisé a réduit le taux de mortalité à 30 jours de près de 12 points de pourcentage.
  • Le temps moyen avant le début de la dialyse a été diminué de plus de 180 minutes.
  • La sensibilisation au MALA parmi le personnel médical a presque triplé grâce à ce nouveau protocole.

L’acidose lactique associée à la metformine (MALA) est une complication rare, mais potentiellement mortelle, liée à la prise de metformine, un médicament largement prescrit pour le traitement du diabète de type 2. Cette condition survient lorsque l’acide lactique s’accumule de manière excessive dans l’organisme, perturbant l’équilibre chimique du sang. La metformine agit en améliorant la sensibilité à l’insuline, en réduisant la production de glucose par le foie et en favorisant son absorption par les muscles. Bien qu’efficace et abordable, elle peut, dans de rares cas, entraîner un MALA, particulièrement chez les patients présentant des problèmes rénaux ou hépatiques.

Pour améliorer la prise en charge de cette urgence médicale, des chercheurs ont développé et évalué un protocole clinique spécifique. Ce protocole met l’accent sur l’initiation immédiate de la dialyse dès le diagnostic de MALA confirmé, en utilisant l’une des trois techniques disponibles : l’hémodialyse intermittente, la thérapie de remplacement rénal continue ou la dialyse péritonéale. L’étude a été menée sur une période de cinq ans, impliquant l’hôpital Maharat Nakhonratchasima (MNRH) en Thaïlande, où le protocole a été mis en œuvre, et l’hôpital Burirum (BH), servant de groupe témoin et continuant à appliquer les pratiques standard.

L’analyse des données portant sur 347 cas (70 avant le protocole au MNRH, 129 après sa mise en place et 148 à BH) a révélé des résultats encourageants. À l’hôpital Maharat Nakhonratchasima, le taux de mortalité à 30 jours est passé de 25,7 % à 13,9 % après l’introduction du protocole. En comparaison, l’hôpital de Burirum, qui n’a pas adopté cette nouvelle approche, a maintenu un taux de mortalité stable, oscillant entre 27,2 % et 30 %. De plus, les chercheurs ont observé une diminution constante des décès au MNRH, avec une baisse de 2,08 % par trimestre pendant la période d’intervention.

Le temps moyen entre l’admission du patient et le début de la dialyse – un facteur crucial dans la gestion du MALA – a également été significativement réduit, passant de 870 minutes à 690 minutes. Parallèlement, la sensibilisation au MALA parmi le personnel médical a connu une augmentation spectaculaire, passant de 38,5 % à 89,9 % après la mise en œuvre du protocole.

« Un protocole MALA standardisé couvrant le diagnostic, l’accès et le traitement a raccourci le temps d’accès à la dialyse, accru la sensibilisation et réduit la variation des soins. »

Watanyu Parapiboon, MD, Hôpital Maharat Nakhon Ratchasima, Thaïlande

Selon le Dr Parapiboon, « Des voies de dialyse accélérées devraient être adoptées pour les affections urgentes comme MALA. La disponibilité de toutes les modalités de dialyse garantit la flexibilité et permet le début du traitement en temps opportun. »

Étude: “Réduire la mortalité dans l’acidose lactique associée à la metformine (MALA) grâce à un parcours clinique accéléré : une étude d’amélioration de la qualité des séries chronologiques interrompues et contrôlées.”

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