Publié le 28 septembre 2023 16h16. Le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne ont demandé le rétablissement de sanctions internationales contre l’Iran, invoquant des violations de l’accord nucléaire de 2015, une initiative qui suscite de vives réactions, notamment de la part de la Russie.
- Trois puissances européennes réclament des sanctions au Conseil de sécurité de l’ONU.
- La Russie s’oppose fermement à cette initiative, la qualifiant d’illégale.
- L’Iran dénonce des sanctions “injustifiées” et menace de représailles.
La Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne ont officiellement sollicité auprès du Conseil de sécurité des Nations Unies la réintroduction de sanctions contre l’Iran. Cette démarche fait suite à des accusations selon lesquelles Téhéran ne respecte pas les termes de l’accord nucléaire conclu en 2015, un accord dont l’objectif était de limiter le programme nucléaire iranien en échange d’un allègement des sanctions économiques.
Les trois pays européens affirment que l’Iran a violé ses engagements en matière d’enrichissement d’uranium et d’accès aux sites nucléaires. L’Iran, pour sa part, nie toute ambition de développer une arme nucléaire. Selon l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), l’Iran est actuellement le seul pays sans arme nucléaire à enrichir de l’uranium à un niveau de 60 %, se rapprochant du seuil de 90 % nécessaire à la fabrication d’une bombe atomique.
La “Troïka européenne” a toutefois précisé que la réintroduction des sanctions ne signifiait pas l’abandon de la voie diplomatique, appelant l’Iran à la retenue et à éviter toute escalade.
La Russie a immédiatement réagi en s’opposant fermement à cette initiative. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a déclaré que la réintroduction des sanctions était
« illégale et ne peut être mise en œuvre »
Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères. Il a également averti le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, dans une lettre que la reconnaissance de ces sanctions constituerait une
« grosse erreur »
Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, selon l’agence Reuters.
L’Iran a qualifié la réintroduction des sanctions d’
« injustifiées »
Ministère iranien des Affaires étrangères et a appelé tous les pays à ne pas les appliquer. Dans un communiqué, la diplomatie iranienne a affirmé que
« l’imposition des résolutions annulées est légalement infondée et injustifiée. Tous les pays doivent s’abstenir de reconnaître cette situation illégale »
Ministère iranien des Affaires étrangères. Téhéran a également prévenu qu’il
« défendra ses droits et intérêts nationaux et sur toutes les mesures qui visent à violer les intérêts et les droits de son peuple, exiger une réponse décisive et raisonnable »
Ministère iranien des Affaires étrangères.
En signe de protestation, l’Iran a annoncé le retrait de ses ambassadeurs en Grande-Bretagne, en France et en Allemagne pour des consultations.
Ces sanctions, qui entrent en vigueur dix ans après leur annulation, interviennent dans un contexte de tensions croissantes concernant le programme nucléaire iranien et de négociations infructueuses pour relancer l’accord de 2015.
L’évolution de la situation sera suivie de près par la communauté internationale, notamment par la Chine, qui s’est également opposée à la réintroduction des sanctions au Conseil de sécurité.
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