Publié le 19 décembre 2023. Les obligations d’État en dollars argentins ont connu une forte hausse, tandis que le risque-pays a atteint son plus bas niveau depuis près d’un an, suite aux annonces de la Banque centrale concernant un nouveau régime de change.
- Les obligations en dollars ont fortement progressé, avec des gains notables pour le Bonar AL41 (+2,9%) et le Global GD41 (+2,6%).
- Le risque-pays a chuté à 561 points de base, son niveau le plus bas depuis le 9 janvier.
- La Banque centrale argentine (BCRA) prévoit une modification de la fourchette de fluctuation du peso et un programme d’accumulation de réserves internationales.
Les marchés financiers ont favorablement accueilli les mesures annoncées par le gouvernement argentin, considérées comme une réponse aux demandes persistantes du marché concernant la gestion des réserves et la stabilité du taux de change. Ces annonces marquent une nouvelle étape dans la politique monétaire du pays, axée sur la remontée des réserves et la convergence de l’inflation nationale avec l’inflation internationale.
Après les annonces de la BCRA, les titres souverains en dollars ont enregistré une forte hausse. Le Bonar AL41 a progressé de 2,9 %, tandis que le Global GD41 a gagné 2,6 %. L’AL30 et le GD30 ont également augmenté, de 1,7 % et 1,1 % respectivement. Cette dynamique positive a entraîné une baisse significative du risque-pays, qui a atteint 561 points de base, son niveau le plus bas depuis le 9 janvier.
L’économiste Gustavo Ber a souligné que cette performance des titres argentins s’accompagne d’une anticipation d’une compression des taux d’intérêt dans la région. Il a déclaré :
« L’attente grandit d’une nouvelle compression vers la région, ce qui motive à parier davantage sur les titres les plus longs (2035, 2038 et 2041) dans le but de profiter de leur attribut de durée plus longue. »
Selon plusieurs observateurs, le gouvernement a entamé une nouvelle phase de son programme monétaire : la remontée des réserves (remonétisation). La priorité de cette nouvelle phase sera de parvenir à la convergence de l’inflation nationale vers le niveau de l’inflation internationale, tout en veillant à ce que le processus de désinflation soit compatible avec l’accumulation de réserves internationales.
Dans son dernier rapport, Recherche Cocos a précisé que
« La Banque centrale a décidé d’abandonner le taux de change comme point d’ancrage nominal et de s’orienter vers un système plus flexible, avec des bandes de change qui seront ajustées à l’inflation nationale, conformément à ce que les marchés exigent. »
La fintech a également souligné que le nouveau programme de remontée des réserves offre une opportunité de reconstituer les réserves internationales sans recourir à une stérilisation durable, à condition qu’elle s’accompagne de l’évolution de la demande de monnaie. Selon leurs estimations, ce scénario pourrait permettre une augmentation de la base monétaire de 4,2 % à 4,8 % du PIB d’ici décembre 2026, financée par des achats allant jusqu’à 10 milliards de dollars sans nécessiter de stérilisation.
À l’inverse, les actions argentines cotées à New York ont connu des difficultés, influencées par le contexte mondial. Les plus fortes baisses ont été enregistrées pour Crésud (-4,3 %), Télécom (-3,6 %) et Transporteur de gaz du Sud (-3,1 %). Au niveau local, le S&P Merval a augmenté de 0,7 % à 3 034 429,24 points, mais a diminué de 0,3 % en devises fortes, en raison de la hausse du dollar compté avec règlement (CCL).
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