Publié le 10 novembre 2025 à 12h34. Les pilotes d’Aer Lingus se préparent à exprimer leur manque de confiance envers la direction de la compagnie aérienne, une crise qui pourrait s’étendre jusqu’au directeur général, suite à un différend concernant des questions de sécurité.
- Les pilotes voteront une motion de défiance à l’encontre du directeur des opérations, Adrian Dunne.
- Le syndicat des pilotes, l’Ialpa, demande une réunion urgente avec la directrice générale, Lynne Embleton, sous peine d’inclure son nom dans la motion de censure.
- Le conflit est né de la suspension d’un capitaine après qu’il ait contesté des instructions concernant l’emplacement de l’équipage de positionnement à bord d’un vol.
Une crise majeure s’annonce chez Aer Lingus. L’Irish Airline Pilots’ Association (Ialpa), le syndicat représentant les pilotes de la compagnie aérienne irlandaise, va soumettre au vote de ses membres une motion exprimant un manque de confiance total envers Adrian Dunne, le directeur des opérations. Selon l’Ialpa, les décisions de M. Dunne ont des implications directes sur la sécurité des vols.
Le syndicat a demandé une rencontre d’urgence avec Lynne Embleton, la directrice générale d’Aer Lingus, pour lundi prochain. Si cette demande n’est pas satisfaite, l’Ialpa prévoit d’étendre la motion de censure à Mme Embleton, signalant une escalade potentielle du conflit.
Ce différend prend racine dans la suspension d’un capitaine à la fin de la semaine dernière. L’incident s’est produit lors d’un vol de la Barbade à Manchester, opéré avec uniquement du personnel de cabine non affecté à un service de vol, dit « équipage de positionnement », à bord. Le commandant de bord avait demandé à cet équipage de s’installer en classe économique après le décollage, une requête qui a été contestée par sa hiérarchie à Dublin.
M. Dunne avait alors directement contacté l’avion pour autoriser l’équipage de positionnement à occuper des sièges en classe affaires. Le capitaine, estimant que cette instruction pouvait affecter l’équilibre de l’appareil et donc sa sécurité, n’a pas suivi les directives et a déposé un rapport de sécurité à l’atterrissage. C’est suite à ce rapport que la direction a décidé de suspendre le pilote.
L’Ialpa défend fermement le capitaine, arguant que M. Dunne n’avait aucune autorité pour dicter l’emplacement de l’équipage de positionnement, une décision relevant de la seule responsabilité du commandant de bord en matière de sécurité. Selon les règles de sécurité aérienne, le commandant de bord est le seul responsable de la sécurité de l’avion et de toutes les personnes à bord.
Aer Lingus a réagi en qualifiant la démarche de l’Ialpa de « déplacée ». Dans un communiqué, la compagnie précise qu’il existe deux enquêtes en cours : une concernant le rapport de sécurité et une autre liée aux préoccupations soulevées par l’employé. La compagnie insiste sur la nécessité de préserver la confidentialité et l’intégrité de ces procédures.
« Il y a deux processus distincts en cours, une enquête de sécurité suite à la réception d’un rapport de sécurité et un processus d’enquête suite aux préoccupations soulevées par un employé. Ces deux processus sont exécutés conformément aux procédures qui leur sont applicables et il est important que la confidentialité et l’intégrité des processus ne soient soumises à aucune ingérence extérieure. »
Aer Lingus, communiqué de presse
Il est important de noter que l’équipage de positionnement n’avait pas participé aux grèves du personnel de cabine à la base d’Aer Lingus à Manchester, qui se sont déroulées du 30 octobre au 2 novembre, car il n’était pas affilié au syndicat Unite.
La suspension du pilote est actuellement au cœur de l’enquête menée par la compagnie aérienne. L’Ialpa a, quant à elle, fermement rejeté toute suggestion selon laquelle ses membres auraient soulevé des questions de relations industrielles à bord du vol en question.
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