Publié le 26 février 2024. Des tensions montent à Toronto concernant la gestion des manifestations pro-palestiniennes, alors que le solliciteur général de l’Ontario critique publiquement la police et que le syndicat des policiers se plaint d’un manque de directives claires.
- Le solliciteur général de l’Ontario, Michael Kerzner, a publiquement exhorté le Service de police de Toronto (SPT) à agir plus fermement contre les manifestations qu’il qualifie de « motivées par la haine ».
- L’Association des policiers de Toronto affirme que ses agents ne reçoivent pas d’instructions précises de leurs supérieurs concernant la manière de gérer ces manifestations.
- Le SPT se défend en affirmant qu’il a procédé à près de 500 arrestations et déposé plus de 1 000 accusations criminelles liées aux manifestations depuis 2023.
La polémique prend de l’ampleur à Toronto alors que la ville, comme d’autres au Canada, cherche à trouver un équilibre entre le droit à la liberté d’expression et la nécessité de maintenir l’ordre public dans le contexte du conflit israélo-palestinien. Les manifestations se sont intensifiées depuis l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023 et l’offensive israélienne subséquente à Gaza.
Dans une lettre adressée au chef de la police de Toronto, Myron Demkiw, et à la présidente de la Commission des services policiers, Shelley Carroll, M. Kerzner a exprimé son inquiétude face à l’« intimidation et au harcèlement de la foule » observés lors de manifestations, notamment au centre Eaton et dans le quartier juif de Bathurst et Sheppard. Bien qu’il n’ait pas nommé de groupes spécifiques, il a souligné l’impact de ces incidents sur le sentiment de sécurité des résidents.
« Ces incidents ont laissé de nombreux résidents vivant dans un état de peur et d’anxiété accrus, préoccupés par l’absence de réponse visible et se sentant incapables de se déplacer librement et en toute sécurité dans les espaces publics ou dans leur propre quartier. »
Michael Kerzner, solliciteur général de l’Ontario
En réponse, l’Association des policiers de Toronto a déclaré que ses membres avaient besoin d’une « instruction claire et cohérente » sur ce qui est considéré comme légal ou illégal en matière de protestation. Clayton Campbell, président de l’association, a souligné que les agents souhaitent simplement une direction opérationnelle claire de la part de la direction du SPT.
« Tout ce que nous voulons, c’est une instruction claire et cohérente à nos membres et au public sur ce qui est légal et illégal en matière d’activité de protestation. »
Clayton Campbell, président de l’Association des policiers de Toronto
Le SPT a défendu ses actions, affirmant que ses agents procèdent à des arrestations lorsqu’un comportement criminel est constaté. Stephanie Sayer, porte-parole du SPT, a précisé que la force a surveillé plus de 800 manifestations liées au conflit au Moyen-Orient depuis 2023, ce qui a conduit à près de 500 arrestations et à plus de 1 000 accusations criminelles, y compris des accusations liées à des crimes haineux. Elle a également souligné que la taille de l’unité contre les crimes haineux du SPT a été triplée.
M. Kerzner a réaffirmé sur X (anciennement Twitter) que la province avait fourni à la police les ressources nécessaires pour lutter contre les crimes haineux et les troubles à l’ordre public, et qu’il s’attendait à ce qu’elle applique la loi. Il a insisté sur le droit des Torontois et de tous les Ontariens à se sentir en sécurité dans leur vie quotidienne.
Ce débat intervient après l’adoption en mai dernier d’un règlement municipal visant à restreindre les manifestations à proximité des lieux de culte, en réponse à une augmentation des signalements de crimes haineux antisémites. Le Canada demande à Israël de veiller à ce que l’aide parvienne à Gaza après les suspensions humanitaires. Les familles des victimes de Bondi Beach exigent des réponses sur les failles de sécurité et la montée de l’antisémitisme.
