Publié le 11 décembre 2025 à 10h39. Malgré un marché du logement irlandais toujours tendu, les experts prévoient une modération de la hausse des prix dans les années à venir, bien que l’accès à la propriété reste un défi majeur pour les primo-accédants.
- Les prix de l’immobilier en Irlande devraient continuer d’augmenter en 2025, avec une inflation estimée à plus de 7 % pour la neuvième fois en 12 ans.
- La demande excède toujours largement l’offre, mais ce n’est pas tant un problème de construction insuffisante qu’un afflux de capitaux vers le marché immobilier.
- Les taux d’intérêt devraient rester stables, avec des offres de taux fixes à 3 % sur trois ans pour les nouvelles constructions répondant à certains critères énergétiques.
Le rêve de devenir propriétaire reste difficile à atteindre pour de nombreux Irlandais, confrontés à une augmentation constante des prix de l’immobilier. La question de savoir s’il est préférable d’acheter maintenant ou d’attendre une éventuelle stabilisation du marché est au cœur des préoccupations des épargnants. Des experts immobiliers ont été interrogés pour faire le point sur la situation actuelle et anticiper les évolutions à venir.
Selon John McCartney, maître de conférences en économie immobilière à la TU Dublin et professeur associé à l’UCD, la demande continue de dépasser l’offre. Il prévoit une inflation des prix de l’immobilier à l’échelle nationale de plus de 7 % en 2025. Cependant, il nuance cette situation en expliquant que le manque d’approvisionnement n’est pas dû à un manque de construction.
« La demande excédentaire vient du poids de l’argent qui court après la propriété »
John McCartney, maître de conférences en économie immobilière à la TU Dublin et professeur associé à l’UCD
Entre 2011 et 2022, le nombre de ménages a augmenté, ce qui a entraîné une hausse de la demande de logements. Depuis, la croissance démographique a ralenti et les constructions neuves ont repris, mais la demande reste soutenue. M. McCartney souligne également que, malgré une baisse des revenus réels depuis 2020, cette situation a été compensée par une augmentation du nombre de personnes en emploi, un assouplissement des règles hypothécaires, la mise en place de programmes de subventions gouvernementales et un rôle accru de l’État dans le secteur immobilier.
Orla Hegarty, professeure adjointe à l’école d’architecture, d’urbanisme et de politique environnementale de l’UCD, partage ce constat. Elle estime qu’une stabilisation ou une baisse des prix n’interviendront que si un choc extérieur imprévisible se produit.
« Nous continuerons très probablement à voir les prix augmenter et la crise s’aggrave, sauf choc extérieur »
Orla Hegarty, professeure adjointe à l’UCD
Pour elle, la seule solution durable serait de construire des logements au coût réel, et non aux prix du marché. Elle critique l’approche actuelle du gouvernement, qui encourage l’offre à un coût élevé en misant sur une augmentation de l’offre et une inflation des salaires pour rendre les logements abordables.
Michael Dowling, conseiller hypothécaire, anticipe également une hausse des prix l’année prochaine, estimée à environ 3 %. Il tempère toutefois cette prévision en soulignant que les taux d’intérêt devraient rester stables et qu’un taux fixe de 3 % sur trois ans sera disponible pour l’achat de nouvelles maisons avec une note Ber de B3 ou plus. Il prévoit également une augmentation de 8 % des encaissements sur le marché hypothécaire, passant de 14,4 milliards d’euros à 15,6 milliards d’euros.
Marian Finnegan, directrice générale de Sherry FitzGerald, et Keith Lowe, directeur général de DNG, partagent cette vision d’une poursuite de la hausse des prix en 2025. Mme Finnegan prévoit une augmentation de 6 à 8 %, tandis que M. Lowe table sur une hausse de 3 à 4 %.
Mme Finnegan explique que le nombre de nouvelles constructions ne parvient pas à suivre le rythme de la demande, ce qui limite le nombre de transactions. M. Lowe souligne que le marché immobilier irlandais est caractérisé par une offre limitée, une forte demande sous-jacente et une politique axée sur l’augmentation de la production. Il met également en avant les changements législatifs prévus en mars concernant les propriétés locatives, qui pourraient inciter davantage de petits propriétaires à quitter le marché, ainsi que la réintroduction du financement relais, susceptible de stimuler l’offre de maisons existantes.
Selon M. Lowe, les mesures et incitations gouvernementales, telles que l’amélioration des procédures de planification, le soutien à la construction d’appartements et les programmes d’achat abordable, contribueront progressivement à augmenter l’offre de logements. Il prévoit que l’inflation des prix commencera à ralentir à mesure que le marché évoluera vers un équilibre plus stable entre l’offre et la demande.
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