Publié le 21 novembre 2025 12h47. La chimie voit son avenir récompensé : Susumu Kitagawa, Richard Robson et Omar M. Yaghi se verront décerner le prix Nobel de chimie pour leurs travaux révolutionnaires sur les structures organométalliques (MOF), des matériaux aux applications potentielles considérables pour la transition énergétique et la durabilité.
- Les MOF, des structures poreuses capables de capturer le dioxyde de carbone, l’eau atmosphérique et d’autres gaz, ouvrent la voie à de nouvelles technologies environnementales.
- Cette récompense souligne l’importance croissante de la chimie dans la lutte contre le changement climatique et la recherche de solutions durables.
- D’autres avancées scientifiques récentes, récompensées par le prix Nobel, ont déjà eu un impact significatif sur l’énergie et l’environnement, notamment les batteries lithium-ion et les diodes électroluminescentes (LED).
Stockholm accueillera le 10 décembre prochain la cérémonie de remise du prix Nobel de chimie 2025 à Susumu Kitagawa, Richard Robson et Omar M. Yaghi. Leur travail pionnier sur les structures organométalliques (MOF) – des matériaux cristallins aux propriétés exceptionnelles – a été salué par l’Académie suédoise pour son potentiel à transformer notre approche de la durabilité et de la transition énergétique. Les MOF, dont le concept est comparable à la construction avec des briques de type Lego, sont des structures tridimensionnelles extrêmement poreuses, composées d’ions métalliques et de molécules organiques. Cette architecture unique leur confère une capacité d’absorption et de stockage de gaz remarquable.
Concrètement, les MOF peuvent être conçus sur mesure pour capturer d’importantes quantités de dioxyde de carbone (CO2) directement dans l’atmosphère, contribuant ainsi à la réduction des gaz à effet de serre. Ils peuvent également être utilisés pour accumuler de l’hydrogène et du méthane, des vecteurs énergétiques prometteurs. Mais leurs applications ne s’arrêtent pas là : ils pourraient également servir à capter l’eau atmosphérique et à la filtrer, à détecter des gaz toxiques ou à agir comme catalyseurs dans des réactions chimiques industrielles, réduisant ainsi la consommation d’énergie et la production de déchets.
Cette distinction prestigieuse s’inscrit dans une dynamique plus large, où les prix Nobel récompensent de plus en plus souvent les scientifiques dont les travaux contribuent à relever les défis environnementaux et à accélérer la transition énergétique. En 2025, le prix Nobel de physique a d’ailleurs été attribué à John Clarke, Michel Devoret et John Martin pour leurs découvertes sur la quantification de l’énergie dans un circuit électrique, une avancée cruciale pour l’informatique quantique et la modélisation climatique.
D’autres exemples marquants des trente dernières années illustrent cette tendance : en 2019, John B. Goodenough, M. Stanley Whittingham et Akira Yoshino ont été récompensés pour le développement des batteries lithium-ion (Li-ion), qui ont révolutionné la mobilité et le stockage d’énergie renouvelable. En 2014, Shuji Nakamura, Isamu Akasaki et Hiroshi Amano ont reçu le prix Nobel pour l’invention de la diode électroluminescente (DEL) bleue, une technologie qui a permis de réduire considérablement la consommation d’énergie liée à l’éclairage (les LED consomment jusqu’à 80 % d’énergie en moins que les ampoules à incandescence traditionnelles). Enfin, en 2005, Yves Chauvin, Robert H. Grubbs et Richard R. Schrock ont été honorés pour leurs travaux sur la métathèse oléfinique, une réaction chimique qui permet de développer des processus industriels plus efficaces et moins polluants, ouvrant la voie à la chimie verte.
Ces avancées scientifiques, reconnues par le prix Nobel, témoignent de l’importance cruciale de la recherche et de l’innovation pour construire un avenir plus durable et lutter contre le changement climatique.
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