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Les promesses mondiales ne parviennent pas à soutenir les femmes sud-africaines

by Nicolas Lefèvre

Publié le 13 octobre 2025 05:00:00. Les agricultrices d’Afrique du Sud, notamment dans la province du Cap-Oriental, se heurtent à des obstacles structurels qui entravent leur développement économique, malgré les engagements internationaux en faveur de l’autonomisation des femmes. Une étude récente révèle que même les projets agricoles bien intentionnés peuvent les laisser de côté si leur conception ne tient pas compte de leurs besoins spécifiques.

  • Les agricultrices rurales sont confrontées à un manque de sécurité foncière, limitant leur accès au crédit et aux financements.
  • Les femmes sont sous-représentées dans les instances décisionnelles des programmes agricoles et des coopératives, ce qui réduit leur influence sur les politiques et les ressources.
  • Un décalage existe entre les promesses internationales d’autonomisation des femmes et la réalité vécue par les agricultrices sur le terrain.

De nombreuses agricultrices rurales assurent la subsistance de leurs familles et contribuent aux marchés locaux, mais elles sont souvent exclues des opportunités de croissance en raison de barrières structurelles. Le manque de titres de propriété ou de copropriété rend difficile l’obtention de prêts bancaires, car elles sont perçues comme présentant un risque élevé. Les institutions financières hésitent à leur accorder des crédits formels, les obligeant à recourir à des groupes d’épargne informels, les « stokvels », qui ne suffisent pas aux investissements importants.

Une étude menée par Sive Zintle Mbangiswano et Zamagebe Siphokazi Vuthela, avec la collaboration du Dr Elonandlovu, s’est concentrée sur un partenariat public-privé dans le secteur des agrumes, dans la province du Cap-Oriental. Les résultats ont montré que, bien que le projet ait permis d’améliorer les compétences techniques des agriculteurs, hommes et femmes, les agricultrices n’en ont pas bénéficié autant que leurs homologues masculins. Elles n’étaient pas suffisamment représentées dans les conseils d’administration des coopératives ni dans le groupe de pilotage du partenariat, ce qui limitait leur pouvoir de décision en matière de budgets, d’achats, de formation et de négociation des contrats.

« Les progrès réalisés par les agricultrices lors de leur formation ne se traduisaient pas par un contrôle égal sur les ressources ou les marchés. Cela signifie que même des programmes bien intentionnés peuvent rater leur objectif s’ils sont conçus de manière neutre en termes de genre, négligeant les problèmes spécifiques affectant les femmes. »

Sive Zintle Mbangiswano, chercheuse

Cette situation contraste avec les engagements pris au niveau international, notamment dans le cadre du G20 Autonomisation des femmes et des Principes d’autonomisation des femmes du secteur privé. Bien que le Programme de développement du G20 propose des mesures concrètes pour soutenir les femmes, les jeunes et les petites entreprises, leur mise en œuvre sur le terrain est souvent insuffisante. Un meilleur accès à Internet, la présence d’agents locaux de confiance et des prêts ne nécessitant pas de titres de propriété sont autant de conditions nécessaires pour garantir l’inclusion financière des agricultrices.

Pour remédier à cette situation, il est essentiel que les programmes agricoles gouvernementaux fixent des objectifs et des quotas précis en matière d’autonomisation des femmes, et qu’ils publient des données ventilées par sexe pour évaluer leur impact. Il est également crucial de renforcer les lois qui facilitent l’accès des agricultrices au financement et d’encourager leur participation aux postes de direction. L’Afrique du Sud pourrait s’inspirer des approches réussies d’autres pays, comme l’Inde avec ses groupes d’entraide féminins, ou l’Indonésie avec ses prêts collectifs centrés sur les femmes, ou encore le programme brésilien de renforcement de l’agriculture familiale.

En fin de compte, l’autonomisation des femmes agrientrepreneures dans la région du Cap-Oriental est essentielle pour améliorer le bien-être des ménages, stimuler le développement local et garantir la sécurité alimentaire. Il est impératif de combler le fossé entre les politiques de haut niveau et la réalité vécue par les agricultrices, et de créer un environnement favorable à leur épanouissement économique.

Nous ressentons Nombina, Maître de conférences à l’Unité de développement de l’entrepreneuriat et coordinatrice du Programme d’autonomisation économique des étudiantes (SWEEP), Faculté des sciences de gestion, Université centrale de technologie

Cet article est republié à partir de La Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

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