Publié le 28 octobre 2025 01:34:00. Des marqueurs biologiques détectables dans le sang pourraient signaler la sclérose en plaques (SEP) jusqu’à sept ans avant l’apparition des premiers symptômes, ouvrant la voie à des diagnostics précoces et à de nouvelles stratégies de prévention.
- Des chercheurs ont identifié des changements dans les niveaux de certaines protéines sanguines pouvant précéder de plusieurs années le diagnostic de la SEP.
- La glycoprotéine oligodendrocytaire de myéline (MOG) et la chaîne légère de neurofilaments (NfL) sont parmi les marqueurs les plus précoces détectés.
- L’étude, menée sur des échantillons de militaires américains, suggère une fenêtre d’opportunité pour intervenir avant que des dommages neurologiques importants ne se produisent.
Une découverte prometteuse pourrait révolutionner la prise en charge de la sclérose en plaques, une maladie auto-immune chronique et incurable qui affecte le cerveau et la moelle épinière. Jusqu’à présent, le diagnostic de la SEP est posé lorsque des symptômes neurologiques sont déjà présents, indiquant que la maladie est déjà bien installée. Une équipe de l’Université de Californie à San Francisco (UCSF) a désormais identifié des signaux protéiques sanguins qui pourraient signaler la maladie des années avant l’apparition de ces symptômes.
L’étude, publiée dans la revue Nature Medicine, a analysé les données d’échantillons de sang prélevés sur des militaires américains, dont 134 ont par la suite développé la SEP. Les chercheurs ont étudié plus de 5 000 protéines à la recherche de schémas précoces indiquant un risque accru de développer la maladie. Ils ont constaté que les niveaux de glycoprotéine oligodendrocytaire de myéline (MOG), une protéine qui aide à protéger les fibres nerveuses, augmentaient significativement en moyenne sept ans avant l’apparition des symptômes. Cette découverte suggère que l’attaque du système immunitaire contre la myéline, la gaine protectrice des nerfs, commence bien avant que la maladie ne se manifeste cliniquement.
Environ six ans avant l’apparition des symptômes, les chercheurs ont également observé une augmentation des niveaux de chaîne légère de neurofilaments (NfL), un marqueur reconnu des dommages au système nerveux. Cette observation renforce l’idée que la SEP attaque d’abord la protection autour des nerfs, puis les nerfs eux-mêmes.
Une autre protéine identifiée comme un indicateur précoce est l’interleukine-3 (IL-3), un messager chimique qui attire les cellules immunitaires vers les zones touchées par la SEP. En combinant l’analyse de 21 protéines présentant les changements les plus marqués, les chercheurs estiment qu’il serait possible de développer un test sanguin précis pour détecter la SEP à un stade présymptomatique.
« Nous pensons que notre travail ouvre de nombreuses opportunités pour diagnostiquer, surveiller et éventuellement traiter la SEP. Cela pourrait changer la donne dans la façon dont nous comprenons et gérons cette maladie. »
Ahmed Abdelhak, neurologue à l’UCSF
Ce test pourrait non seulement permettre un diagnostic plus précoce, mais aussi une meilleure compréhension de la progression de la maladie et de l’efficacité des traitements. Des recherches récentes ont également mis en évidence un lien possible entre certaines bactéries et le développement de la SEP, ouvrant de nouvelles pistes d’investigation.
Les chercheurs soulignent toutefois que ces résultats doivent être confirmés par des études plus vastes et menées sur des populations plus diversifiées. Les tests ont été effectués sur un nombre relativement limité de militaires, et il est possible que la progression de la maladie varie d’une personne à l’autre.
« Nous savons maintenant que la SEP apparaît bien plus tôt que l’apparition clinique, ce qui crée la possibilité réelle que nous puissions un jour prévenir la SEP – ou au moins utiliser nos connaissances pour protéger les personnes contre d’autres blessures. »
Ari Green, neurologue à l’UCSF
Au-delà du diagnostic précoce, cette recherche apporte des informations précieuses sur la chronologie de la SEP et les mécanismes qui sous-tendent la maladie. Comprendre quels types de dommages surviennent en premier et comment pourrait conduire à l’identification de facteurs de risque et à des stratégies de prévention plus efficaces.

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