Publié le 24 septembre 2025 10:32:00. Une nouvelle étude révèle que des variations génétiques rares jouent un rôle significatif dans le trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité (TDAH), ouvrant de nouvelles perspectives sur les mécanismes biologiques de ce trouble neurodéveloppemental courant.
- Des chercheurs ont identifié trois gènes – MAP1A, ANO8 et ANK2 – dont les altérations pourraient fortement influencer le développement précoce du cerveau.
- L’étude, basée sur l’analyse de près de 62 000 personnes, démontre que ces variations génétiques rares ont un impact disproportionné sur le risque de développer un TDAH.
- Les résultats suggèrent que le profilage génétique pourrait, à terme, améliorer le diagnostic et permettre une prise en charge plus personnalisée des patients atteints de TDAH.
Le trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité, qui touche environ 5 % des enfants et 2,5 % des adultes, est un trouble neurodéveloppemental complexe. Si des facteurs environnementaux et des variations génétiques courantes sont connus pour jouer un rôle, l’influence des variations génétiques rares restait jusqu’à présent mal comprise. Une équipe de chercheurs a donc entrepris d’explorer plus en détail cette dimension.
Pour cette étude, les chercheurs ont analysé les données génétiques de 8 895 personnes atteintes de TDAH et de 53 780 personnes témoins, en utilisant une technique appelée séquençage de l’exome. Cette analyse a permis d’identifier trois gènes spécifiques, MAP1A, ANO8 et ANK2, présentant des variations rares significativement associées au TDAH (P < 3,07 × 10-6, avec des rapports de cotes allant de 5,55 à 15,13). L’étude a également révélé que ces gènes sont impliqués dans des processus clés pour le fonctionnement cérébral, tels que la fonction synaptique, le traitement de l’ARN et l’organisation du cytosquelette.
L’analyse a également montré que les personnes atteintes de TDAH présentant ces variations génétiques rares avaient en moyenne un quotient intellectuel (QI) inférieur de 2,25 points par variation. De plus, les individus atteints à la fois de TDAH et de déficience intellectuelle présentaient une charge globale plus importante de ces variations génétiques. Il est à noter que neuf des 20 gènes les plus fortement associés au TDAH dans cette étude ont également été impliqués dans l’autisme ou d’autres troubles du développement neurologique, et que la plupart d’entre eux expriment une activité élevée pendant le développement cérébral pré et postnatal.
Les résultats de cette étude confirment également que les variations génétiques rares et courantes agissent de manière cumulative, renforçant ainsi l’idée d’un modèle polygénique du risque de TDAH. Cela signifie que le risque de développer un TDAH est influencé par la combinaison de multiples gènes, chacun contribuant modestement à l’ensemble.
Ces découvertes pourraient avoir des implications importantes pour la pratique clinique. À l’avenir, l’évaluation des variations génétiques rares pourrait permettre d’affiner le diagnostic du TDAH et d’anticiper les difficultés cognitives ou développementales associées. Avec la démocratisation du séquençage génétique, le profilage génétique pourrait faciliter une intervention précoce et un accompagnement éducatif personnalisé pour les enfants et les adultes atteints de TDAH.
Les chercheurs prévoient de poursuivre leurs travaux afin d’identifier d’autres gènes impliqués dans le TDAH et de mieux comprendre comment ces variations génétiques influencent le développement du cerveau et les résultats cliniques. L’objectif est de développer des approches de soins plus personnalisées et plus efficaces pour les personnes atteintes de troubles neurodéveloppementaux.
Référence
Démontis D et al. Rare genetic variants confer high risk of ADHD and implicate neuronal biology. Nature. 2025;DOI : 10.1038/s41586-025-09702-8.