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L’Espagne signale 3 340 nouveaux diagnostics de VIH en 2024 et plus de la moitié sont en retard

by Sophie Martin

Madrid, le 1er décembre 2025. L’Espagne a enregistré 3 340 nouveaux diagnostics de VIH en 2024, soulignant la nécessité de renforcer la prévention et le dépistage précoce, tandis que les autorités sanitaires envisagent d’élargir l’accès à des traitements innovants.

  • En 2024, plus de la moitié des nouveaux diagnostics de VIH en Espagne (51,1 %) ont été posés tardivement.
  • Le ministère de la Santé étudie l’intégration d’injectables à action prolongée pour la prévention du VIH dans le système de santé, pour les personnes ne pouvant pas bénéficier de la PrEP orale.
  • Plus de 40 000 personnes participent déjà aux programmes de prophylaxie pré-exposition (PrEP) en Espagne.

Les chiffres, présentés à l’occasion de la Journée mondiale du sida, révèlent une légère diminution des nouveaux cas de VIH par rapport à l’année précédente (3 350 en 2023), mais un rythme de baisse jugé insuffisant par la ministre de la Santé, Monique García. Elle a insisté sur l’importance d’améliorer l’accès à la PrEP, en envisageant notamment sa disponibilité en pharmacie de proximité.

« Ce qui nous inquiète, c’est que plus ou moins la moitié des diagnostics ont été posés tardivement. La tendance générale est à la baisse, surtout depuis 2019, mais ce rythme n’est pas aussi rapide qu’on le souhaiterait. »

Monique García, ministre de la Santé

Le ministère de la Santé s’engage également à garantir un accès universel aux soins, soulignant l’importance de la santé publique gratuite et accessible à tous. Il a également dénoncé les reculs observés au niveau international en matière de financement et de gouvernance de la santé, ainsi qu’en matière de droits humains, pointant du doigt des personnalités comme Javier Milei, accusé de réduire la réponse au VIH.

L’Espagne s’apprête à franchir une nouvelle étape dans la lutte contre le VIH en 2025, avec l’abrogation d’une règle datant de 1987 qui interdisait aux personnes séropositives de donner leurs organes à d’autres personnes infectées. Cette décision, saluée par le Groupe d’étude sur le SIDA (GeSIDA) de la Société Espagnole de Maladies Infectieuses et de Microbiologie Clinique (Seimc), est rendue possible grâce à l’efficacité des traitements antirétroviraux.

« L’abrogation de ce règlement est quelque chose de nécessaire et de très correct, car elle reflète une époque où nous avions beaucoup d’incertitude quant au pronostic de l’infection par le VIH. Grâce au traitement antirétroviral, la survie est désormais similaire à celle de la population générale. »

María Velasco, présidente du GeSIDA

Parallèlement, le Coordonnateur d’État du VIH et du SIDA (Cesida) a appelé à une lutte sans relâche contre la stigmatisation, réclamant un accès universel aux soins et une prévention combinée incluant la PrEP sans barrières, le dépistage dans les pharmacies et les centres communautaires, et des campagnes d’information fondées sur des données probantes.

« Le succès ne se mesure pas uniquement à la charge virale supprimée, mais aussi à la qualité de vie, au bien-être émotionnel et à la possibilité réelle d’un projet de vie. Pour cela, pour l’accès aux droits et à une vie digne, zéro stigmatisation. »

Cesida

Selon les données de surveillance épidémiologique du Centre National d’Épidémiologie de l’Institut de Santé Carlos III (CNE-ISCIII), la transmission sexuelle reste le principal mode de transmission du VIH en Espagne, avec une prédominance des rapports sexuels entre hommes. Pour la première fois, le nombre de personnes originaires d’autres pays dépasse le nombre de personnes nées en Espagne.

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