Home NouvellesBernie Sanders ne pense définitivement pas que Trump soit le « président de l’abordabilité »

Bernie Sanders ne pense définitivement pas que Trump soit le « président de l’abordabilité »

by Nicolas Lefèvre

Donald Trump s’est affiché ces derniers jours comme le « président de l’accessibilité », une formule qui rappelle étrangement le discours de Zohran Mamdani, maire de New York, dont la campagne s’est concentrée sur la crise du coût de la vie dans la mégalopole. Cette appropriation rhétorique a suscité des réactions, notamment de la part de figures de la gauche américaine.

Lundi après-midi, le site d’information Talking Points Memo a interrogé Mamdani et le sénateur Bernie Sanders sur cette tentative de Trump de s’approprier le thème de l’accessibilité financière.

« Je vais peut-être vous surprendre en disant que le président des États-Unis est un menteur pathologique. Il ment constamment », a déclaré Sanders, sans détour.

Ces déclarations interviennent alors que Mamdani et Sanders rejoignaient les grévistes de Starbucks sur une ligne de piquetage à Brooklyn. La grève, qui en est à sa troisième semaine dans les magasins syndiqués de l’enseigne, coïncide avec l’annonce d’un accord de 38,9 millions de dollars (environ 36 millions d’euros) entre Starbucks et la ville de New York. Cet accord fait suite à des violations des lois locales concernant des conditions de travail équitables, notamment le manque d’horaires stables pour les employés.

L’initiative de Trump, diffusée sur sa plateforme Truth Social, s’est manifestée par une série de publications en majuscules. « JE SUIS LE PRÉSIDENT DE L’ACCESSIBILITÉ », a-t-il écrit samedi matin.

Trump justifie cette affirmation en évoquant une baisse des prix des médicaments, qu’il chiffre à 500 %, 600 %, 700 % et plus. Il suggère également que, si cette information est correctement diffusée, son parti pourrait remporter les élections de mi-mandat avec un « NOMBRE RECORD » de voix.

Des experts de tous horizons ont cependant souligné l’incohérence de ces chiffres. Selon eux, une telle baisse des prix impliquerait que les laboratoires pharmaceutiques paieraient le gouvernement pour distribuer leurs médicaments, ce qui est économiquement improbable. De plus, la politique qui a effectivement conduit à une baisse des prix est une initiative du président Joe Biden.

Sanders a renchéri en soulignant l’augmentation des coûts des soins de santé liée à la politique républicaine, ainsi que l’impact des tarifs douaniers imposés par Trump sur le pouvoir d’achat des Américains. « Affirmer aux habitants de New York et du Vermont que vous êtes le ‘président de l’accessibilité’ alors que votre législation risque d’augmenter les primes d’assurance santé de l’Affordable Care Act de 100 %, voire 200 ou 300 %… peut-être que Trump devrait aller expliquer cela aux personnes qui verront leurs primes doubler ou tripler », a-t-il déclaré. Il a également rappelé que les tarifs douaniers de Trump ont contribué à l’augmentation générale des prix.

Mamdani, qui a rencontré Trump au Bureau Ovale le mois dernier et a évoqué l’accessibilité comme un point de convergence possible, a adopté un ton plus diplomatique. « Nous nous concentrons moins sur qui se dit quoi et davantage sur ce que nous apportons concrètement aux habitants de cette ville », a-t-il déclaré. « L’attention doit toujours être portée sur les travailleurs. Quand on demande aux employés de Starbucks les conséquences d’une entreprise qui refuse de leur fournir un emploi du temps prévisible ou un salaire décent, ils se demandent s’ils peuvent encore se permettre de vivre à New York. »

Mamdani, qui a promis de continuer à soutenir les grévistes après son investiture le mois prochain, a réaffirmé son engagement en faveur de l’accessibilité à New York, exprimant sa « lassitude » face aux travailleurs contraints de vivre en dehors de l’État pour pouvoir se loger.

« Ils vivent dans des endroits où ils peuvent payer leur loyer ou leur hypothèque. New York doit redevenir une ville accessible », a-t-il insisté.

Ni Mamdani ni Sanders n’ont souhaité commenter si leurs propres messages sur l’accessibilité avaient inspiré la nouvelle stratégie de Trump pour les élections de mi-mandat.

À retenir

  • Donald Trump s’est auto-proclamé « président de l’accessibilité », reprenant un thème central de la campagne de Zohran Mamdani, maire de New York.
  • Bernie Sanders a critiqué cette appropriation rhétorique, qualifiant Trump de « menteur pathologique ».
  • L’initiative de Trump intervient dans un contexte de grève chez Starbucks et d’accord avec la ville de New York concernant les conditions de travail.

Contexte

La question de l’accessibilité financière est devenue un enjeu majeur aux États-Unis, exacerbé par l’inflation et les inégalités croissantes. Les politiques de l’administration Biden visent à réduire les coûts des médicaments et à améliorer l’accès aux soins de santé, tandis que les tarifs douaniers de Trump ont été critiqués pour leur impact sur le pouvoir d’achat des consommateurs.

Ce qui change

La tentative de Trump de s’approprier le thème de l’accessibilité pourrait influencer le débat public à l’approche des élections de mi-mandat. L’issue de ces élections pourrait avoir des conséquences importantes sur les politiques économiques et sociales du pays.

Prochaines étapes

Il sera important de suivre l’évolution de la situation chez Starbucks et l’impact de l’accord avec la ville de New York sur les conditions de travail des employés. Il faudra également observer si Trump parvient à convaincre l’électorat de sa politique en matière d’accessibilité.

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