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L’étude offre une manière innovante de suivre la propagation de la leishmaniose

by Sophie Martin

Publié le 11 novembre 2025 12:40:00. Une nouvelle méthode d’analyse moléculaire permet de mieux suivre la propagation de la leishmaniose en Israël, en identifiant à la fois les espèces de phlébotomes vecteurs, les parasites responsables et les animaux hôtes impliqués dans la transmission de cette maladie parasitaire.

  • Une technique PCR à haute résolution (PCR-HRM) permet d’identifier simultanément les espèces de phlébotomes, les parasites Leishmania et les sources de repas sanguins des insectes.
  • L’étude a cartographié douze espèces de phlébotomes, quatre espèces de Leishmania et vingt-cinq animaux hôtes à travers Israël, révélant des schémas de transmission complexes.
  • Cette approche offre aux vétérinaires et aux autorités de santé publique un outil puissant pour surveiller et contrôler plus efficacement les maladies zoonotiques.

La leishmaniose, une maladie parasitaire transmise par les phlébotomes, représente un défi de santé publique et vétérinaire de longue date. Présente en Israël et dans de nombreuses régions du monde, cette maladie complexe implique un large éventail d’espèces de phlébotomes et de réservoirs animaux, tant sauvages que domestiques. Une récente étude, menée par le professeur Gad Baneth de l’École de médecine vétérinaire de Koret, de la Faculté d’agriculture, d’alimentation et d’environnement de l’Université hébraïque de Jérusalem et du Laboratoire d’entomologie du ministère israélien de la Santé, apporte une avancée significative dans la compréhension et le suivi de cette maladie.

Publiée dans la revue PLOS Neglected Tropical Diseases, cette recherche présente une technique innovante basée sur la PCR à haute résolution (PCR-HRM). Cette méthode permet, à partir d’un seul échantillon, d’identifier simultanément les espèces de phlébotomes, de détecter la présence de parasites Leishmania et de déterminer la source du repas sanguin de l’insecte. Cette approche moléculaire remplace les méthodes traditionnelles, souvent longues et fastidieuses, par un système de diagnostic rapide, précis et économique.

« En unissant la surveillance vétérinaire et la surveillance de la santé publique, nous pouvons désormais retracer le parcours du parasite de l’animal à l’insecte puis à l’humain avec une précision sans précédent »,

Professeur Gad Baneth, École de médecine vétérinaire de Koret, Université hébraïque de Jérusalem

L’équipe de recherche a analysé près de 2 000 phlébotomes collectés dans tout Israël. Les analyses ont permis d’identifier douze espèces distinctes de phlébotomes, quatre espèces de Leishmania (L. major, L. tropica, L. infantum, L. donovani) et vingt-cinq sources différentes de repas sanguins, allant des chats domestiques et des vaches aux damans et aux lièvres. Les résultats révèlent des zones écologiques distinctes : L. major et L. donovani dominent les régions arides du sud, tandis que L. tropica et L. infantum sont plus fréquents dans le centre et le nord du pays. Il est également intéressant de noter que certaines espèces de phlébotomes ont été détectées en dehors de leurs habitats traditionnellement reconnus, ce qui suggère des changements environnementaux ou climatiques pouvant élargir les zones de transmission.

Le système PCR-HRM a atteint un taux de réussite de 96,7 % dans l’identification des sources de repas sanguins, une avancée cruciale pour les études “One Health” qui relient l’épidémiologie vétérinaire et humaine. Les chats domestiques, les damans, les lièvres et les vaches représentaient plus de la moitié de tous les repas sanguins identifiés, soulignant le rôle essentiel des animaux dans le maintien du cycle de vie de la maladie. La leishmaniose affecte non seulement les humains, mais également les chiens, les chats et d’autres animaux sauvages, ce qui rend la capacité de distinguer les espèces et de suivre les schémas d’infection particulièrement importante pour une intervention précoce et des stratégies de contrôle ciblées.

Selon le professeur Baneth, « l’identification rapide et précise des vecteurs infectés et des hôtes réservoirs nous permet d’anticiper les foyers émergents et de protéger les populations animales et humaines ». Cette nouvelle boîte à outils moléculaire améliore non seulement la surveillance israélienne des maladies à transmission vectorielle, mais offre également un modèle adaptable à d’autres régions endémiques. En combinant le diagnostic moléculaire avec l’étude de l’écologie sur le terrain, cette recherche marque une avancée significative dans la lutte contre les maladies tropicales négligées qui se transmettent entre les animaux et les humains.

Source:

Référence du journal :

Studentsky, L., et al. (2025). A multifaceted molecular approach for leishmaniasis surveillance: identification of phlebotomine species, Leishmania parasites and blood meal sources using high-resolution melt analysis. PLOS Neglected Tropical Diseases. doi: 10.1371/journal.pntd.0013412

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