Publié le 25 octobre 2023 12:15:00. Une étude japonaise révèle que l’intelligence artificielle est capable de détecter des signes subtils de dépression à travers l’analyse des expressions faciales, ouvrant la voie à de nouveaux outils de diagnostic précoce.
- L’IA peut identifier des changements expressifs quasi imperceptibles liés à la dépression, que l’œil humain ne perçoit pas toujours.
- L’étude a comparé les évaluations humaines et celles d’un logiciel d’analyse faciale (OpenFace 2.0) sur des vidéos d’étudiants.
- La dépression, qui devrait devenir la maladie la plus répandue au monde d’ici 2030, touche plus de 300 millions de personnes selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).
L’intelligence artificielle (IA) s’impose de plus en plus comme un allié précieux dans le domaine de la santé, notamment pour l’amélioration du diagnostic médical. Une recherche menée par l’Université Waseda au Japon a démontré la capacité de l’IA à identifier des signes de dépression en analysant les expressions faciales des patients, et ce, avec une sensibilité supérieure à celle de l’observation humaine.
Les résultats, publiés en août 2023 dans la revue scientifique Scientific Reports, indiquent que des personnes souffrant de formes légères de dépression – souvent difficiles à diagnostiquer – présentent des micro-expressions faciales que la plupart des individus considèrent comme normales. L’IA, en revanche, est capable de détecter ces subtilités.
Pour parvenir à ces conclusions, les chercheurs ont demandé à 64 étudiants universitaires de réaliser de courtes vidéos d’auto-présentation (d’une durée de 10 secondes). Ces vidéos ont ensuite été soumises à l’évaluation de 63 autres étudiants, chargés de juger l’expressivité, la spontanéité, l’amabilité et la sympathie des participants. Parallèlement, tous les étudiants ont rempli le Beck Depression Inventory-II (BDI-II), un questionnaire standardisé utilisé pour évaluer les niveaux de dépression.
L’étude a révélé que les personnes identifiées comme présentant des symptômes dépressifs par le BDI-II n’étaient que rarement perçues comme peu expressives ou peu amicales par leurs pairs. Cependant, le logiciel d’analyse faciale OpenFace 2.0 a détecté une plus grande présence et/ou intensité de certaines expressions subtiles, notamment des mouvements spécifiques des sourcils, des paupières, des lèvres et de l’ouverture buccale, corrélées à la dépression.
En somme, les résultats suggèrent que la dépression, même à un stade précoce, est associée à des modifications de l’expressivité faciale, en particulier des expressions positives, sans pour autant altérer significativement la perception qu’en ont les autres. Cette capacité de l’IA à déceler ces nuances pourrait donc constituer un outil précieux pour un diagnostic plus précoce et plus précis.
Il est important de noter que l’étude présente certaines limites. Les chercheurs soulignent l’absence d’évaluation clinique formelle des participants pour confirmer un diagnostic de dépression. De plus, la spécificité culturelle de l’échantillon – composé d’étudiants japonais – pourrait limiter la généralisation des résultats à d’autres populations, où les normes d’expressivité peuvent varier. Néanmoins, cette recherche met en lumière le potentiel considérable de l’IA dans le domaine de la santé mentale.
Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), la dépression touche actuellement plus de 300 millions de personnes dans le monde. Les experts prévoient que cette maladie deviendra la principale cause de morbidité à l’échelle mondiale d’ici 2030, dépassant même le cancer et les maladies cardiovasculaires. En savoir plus sur la dépression (OMS)
