Home NouvellesL’Indonésie va rapatrier sa grand-mère britannique condamnée à mort – Asie et Pacifique

L’Indonésie va rapatrier sa grand-mère britannique condamnée à mort – Asie et Pacifique

by Nicolas Lefèvre

Publié le 21 octobre 2024 à 07h18. L’Indonésie s’apprête à rapatrier deux citoyens britanniques, dont une grand-mère condamnée à mort pour trafic de drogue, dans un geste qui intervient après une série de décisions similaires prises par l’administration en place.

  • L’Indonésie va signer mardi un accord pour le transfert de Lindsay Sandiford, condamnée à mort pour trafic de cocaïne, et de Shahab Shahabadi, incarcéré à vie pour les mêmes motifs.
  • Cette opération s’inscrit dans une politique récente de rapatriement de détenus étrangers, initiée par l’administration du président Prabowo Subianto.
  • Le cas de Lindsay Sandiford a suscité une forte attention médiatique au Royaume-Uni, la condamnée ayant témoigné de sa peur de l’exécution.

Les autorités indonésiennes et l’ambassade britannique à Jakarta doivent tenir une conférence de presse mardi pour officialiser le rapatriement de Lindsay Sandiford, 68 ans (selon une source gouvernementale, bien que les informations publiques indiquent 69 ans), et de Shahab Shahabadi, 35 ans. « Les arrangements pratiques seront signés aujourd’hui. Le transfert sera effectué immédiatement après que l’aspect technique du transfert aura été convenu », a déclaré une source gouvernementale à l’AFP.

Lindsay Sandiford avait été arrêtée en 2012 à Bali, après que des agents des douanes eurent découvert près de 300 grammes de cocaïne (d’une valeur estimée à 2,14 millions de dollars) dissimulés dans une double fond de sa valise. Elle avait été condamnée à mort en 2013 pour trafic de drogue. Lors de son procès, elle avait avoué les faits, mais avait affirmé avoir accepté de transporter la drogue sous la menace de représailles contre son fils.

Shahab Shahabadi, quant à lui, a été arrêté en 2014 et condamné à la prison à vie pour des faits similaires.

Ces rapatriements interviennent après que l’Indonésie a déjà renvoyé plusieurs détenus étrangers dans leur pays d’origine ces derniers mois. En décembre dernier, la Philippine Mary Jane Veloso a retrouvé sa famille après près de 15 ans passés dans le couloir de la mort. En février, le Français Serge Atlaoui a été rapatrié après 18 ans d’incarcération pour trafic de drogue.

L’Indonésie est connue pour ses lois particulièrement sévères en matière de drogue. Plus de 90 étrangers sont actuellement détenus dans le couloir de la mort pour des infractions liées à la drogue, selon les chiffres du ministère indonésien de l’Immigration et des Services pénitentiaires, publiés début novembre. Le gouvernement indonésien a récemment laissé entendre qu’il pourrait reprendre les exécutions, interrompues depuis 2016, date à laquelle un citoyen indonésien et trois Nigérians ont été fusillés.

Le cas de Lindsay Sandiford a particulièrement captivé l’attention des médias britanniques. En 2015, elle avait accordé un entretien au Mail on Sunday dans lequel elle décrivait sa peur de l’exécution et révélait avoir commencé à écrire des lettres d’adieu à sa famille. Elle avait même confié son intention de chanter la chanson « Magic Moments » de Perry Como face au peloton d’exécution.

En prison, Sandiford s’était également liée d’amitié avec Andrew Chan, un Australien exécuté en 2015 pour son rôle dans un réseau de trafic d’héroïne connu sous le nom de « Bali Nine ».

L’administration du président Prabowo Subianto semble donc marquer un tournant dans sa politique pénitentiaire, privilégiant désormais le rapatriement des détenus étrangers.

« Mon exécution est imminente et je sais que je pourrais mourir à tout moment. Je pourrais être extraite de ma cellule demain. J’ai commencé à écrire des lettres d’adieu aux membres de ma famille. »

Lindsay Sandiford, détenue britannique, dans le Mail on Sunday (2015)

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