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L’OMS publie les premières lignes directrices sur l’utilisation des thérapies GLP-1 pour traiter l’obésité

by Sophie Martin

Publié le 2025-12-02 11:02:00. Face à une épidémie mondiale d’obésité touchant plus d’un milliard de personnes, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié ses premières recommandations concernant l’utilisation de thérapies à base de peptides de type Glucagon-1 (GLP-1) pour traiter cette maladie chronique.

  • L’OMS reconnaît l’obésité comme une maladie chronique nécessitant une prise en charge à long terme, incluant des médicaments, une alimentation saine et une activité physique régulière.
  • Les thérapies GLP-1 sont désormais recommandées, avec certaines conditions, pour les adultes souffrant d’obésité, mais ne constituent pas une solution unique.
  • L’accès équitable à ces traitements et la préparation des systèmes de santé sont des enjeux majeurs soulevés par l’OMS.

L’obésité, qui affecte des populations dans tous les pays, a été associée à 3,7 millions de décès dans le monde en 2024. Sans mesures efficaces, le nombre de personnes obèses pourrait doubler d’ici 2030, selon les prévisions de l’OMS. Cette crise sanitaire mondiale engendre non seulement des conséquences graves sur la santé, mais représente également un fardeau économique colossal, estimé à 3 000 milliards de dollars américains par an d’ici 2030.

En septembre 2025, l’OMS avait déjà intégré les thérapies GLP-1 à sa liste de médicaments essentiels pour la prise en charge du diabète de type 2 chez les patients à haut risque. Ces nouvelles directives vont plus loin en ouvrant la voie à leur utilisation dans le traitement de l’obésité, en complément d’une approche globale axée sur le mode de vie.

« L’obésité est un défi majeur de santé publique auquel l’OMS s’engage à répondre en aidant les pays à la contrôler de manière efficace et équitable. Nos nouvelles recommandations reconnaissent que l’obésité est une maladie chronique qui peut être traitée grâce à des soins complets et tout au long de la vie. Les thérapies GLP-1 peuvent aider des millions de personnes à vaincre l’obésité et à réduire les risques associés, mais elles ne suffiront pas à elles seules à résoudre cette crise sanitaire. »

Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS

L’obésité est une maladie complexe, un facteur de risque majeur pour les maladies cardiovasculaires, le diabète de type 2 et certains cancers. Elle peut également aggraver l’évolution des maladies infectieuses.

Les nouvelles directives de l’OMS formulent deux recommandations conditionnelles clés. D’une part, les thérapies GLP-1 peuvent être utilisées pour le traitement à long terme de l’obésité chez les adultes, à l’exclusion des femmes enceintes. Bien que leur efficacité dans l’amélioration des paramètres métaboliques soit reconnue, cette recommandation reste conditionnelle en raison du manque de données sur leur efficacité et leur sécurité à long terme, ainsi que sur les coûts et la préparation des systèmes de santé. D’autre part, l’OMS préconise d’associer ces thérapies à des interventions comportementales intensives, incluant une alimentation équilibrée et une activité physique régulière, afin d’optimiser les résultats.

L’OMS insiste sur le fait que les médicaments ne sont pas une panacée. La lutte contre l’obésité nécessite une stratégie globale reposant sur trois piliers : la création d’environnements plus sains grâce à des politiques publiques efficaces, la protection des personnes à risque par un dépistage précoce et des interventions ciblées, et la garantie d’un accès à des soins tout au long de la vie, adaptés aux besoins de chaque individu.

L’organisation appelle également à une action urgente pour garantir un accès équitable aux thérapies GLP-1, en encourageant des stratégies telles que les achats groupés, la tarification échelonnée et les licences volontaires. Même en cas d’augmentation rapide de la production, ces traitements ne seront accessibles qu’à moins de 10 % des personnes qui pourraient en bénéficier d’ici 2030.

Ces directives ont été élaborées en réponse aux demandes des États membres de l’OMS et sont basées sur une analyse approfondie des données scientifiques disponibles, ainsi que sur la consultation d’un large éventail d’acteurs, y compris des personnes ayant vécu avec l’obésité. Elles seront régulièrement mises à jour en fonction des nouvelles connaissances scientifiques. En 2026, l’OMS travaillera avec ses partenaires pour établir un cadre transparent et équitable afin de prioriser l’accès aux traitements pour ceux qui en ont le plus besoin.

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