Home AffairesL’opération Trump au Venezuela permet désormais à Telefónica d’acquérir plus facilement Vodafone Espagne

L’opération Trump au Venezuela permet désormais à Telefónica d’acquérir plus facilement Vodafone Espagne

by Amélie Bernard

Publié le 10 janvier 2026 13:23:00. L’arrestation de Nicolás Maduro aux États-Unis a créé une onde de choc économique, notamment pour les entreprises espagnoles investies au Venezuela, et relance les perspectives de consolidation dans le secteur des télécommunications en Europe.

  • L’opération de vente de la filiale vénézuélienne de Telefónica, initialement précipitée, est désormais ralentie en raison des incertitudes persistantes.
  • Le rachat de Vodafone Espagne par Telefónica, qui avait gagné en plausibilité, se heurte désormais à un vent contraire.
  • Telefónica ambitionne de se désengager de plusieurs pays d’Amérique latine, dont le Venezuela, mais l’incertitude politique actuelle freine les projets de désinvestissement.

L’arrestation de Nicolás Maduro le 3 janvier aux États-Unis a des répercussions qui dépassent le cadre politique. Les entreprises espagnoles, notamment celles ayant des intérêts au Venezuela comme Repsol, Mapfre et Telefónica, observent de près l’évolution de la situation et anticipent des changements majeurs. Si le pays sud-américain est désormais sous une forme de protectorat gouvernemental américain, certaines opportunités se dessinent, tandis que d’autres sont remises en question.

Concrètement, la vente de la filiale vénézuélienne de Telefónica, qui semblait s’accélérer, est désormais freinée par les incertitudes à court terme. Les experts soulignent qu’il est prématuré de précipiter une décision dans un contexte aussi mouvant. Cependant, cette situation crée un nouveau contexte pour Telefónica, qui cherche à se concentrer sur le marché européen.

Le rachat de Vodafone Espagne, dont l’acquisition par le fonds britannique Zegona était en discussion, se complique. L’opération, qui s’inscrivait dans une stratégie de consolidation européenne du secteur des télécommunications, se heurte désormais à des obstacles. Selon des sources financières britanniques, la société présidée par Marc Murtra maintient son objectif de consolider le secteur européen des télécoms, une vision partagée par la PDG d’Orange, Christel Heidemann, et qui implique de réduire le nombre d’opérateurs par pays pour favoriser l’émergence de champions nationaux.

Pour Telefónica, l’acquisition de Vodafone Espagne, aux mains de Zegona, représente une alternative stratégique. Des intermédiaires financiers britanniques familiers avec les négociations expliquent que cette option est devenue plus réaliste il y a quelques jours, avant l’arrestation de Maduro.

Les sources indiquent que l’incapacité de Telefónica à se retirer du Venezuela jusqu’à présent était due à l’influence de l’ancien président espagnol José Luis Rodríguez-Zapatero, en plus des difficultés inhérentes à l’activité dans un pays gouverné par Maduro. Avec le nouveau régime imposé par les États-Unis, les négociations pourraient être relancées, mais rien n’est encore certain.

Marc Murtra a clairement indiqué, lors de la présentation du plan stratégique en novembre dernier, que la vente de l’ensemble de ses actifs en Amérique latine, à l’exception du Brésil, était une priorité. Cette région, qu’ils appellent “Hispam”, représente un potentiel de désinvestissement important.

Telefónica envisage de se séparer de ses filiales au Mexique, au Chili et au Venezuela. Le processus de désinvestissement avait été initié sous la présidence de José María Álvarez-Pallete et Marc Murtra compte le mener à bien. La vente des actifs au Mexique et au Chili ne devrait pas poser de problème majeur, mais la situation au Venezuela était, jusqu’à récemment, bloquée au niveau administratif.

Le Venezuela, bien que représentant 212 millions d’euros de bénéfices en 2024, était considéré comme un fardeau en raison de la corruption et de la crise économique. L’accord du régime chaviste était indispensable pour toute transaction.

L’arrestation de Maduro et la prise de contrôle du pays par les États-Unis pourraient faciliter le désinvestissement de Telefónica, mais à court terme, tout est suspendu. L’incertitude quant à l’avenir du pays et à sa situation économique freine les projets de vente. Cependant, si un nouveau régime améliore la situation économique, la valeur de Telefónica Venezuela pourrait augmenter considérablement.

Présente au Venezuela depuis 2004, suite à l’acquisition des actifs de Bell South, Telefónica a connu une transformation radicale, passant d’une source de revenus importante à un coût significatif en raison de la détérioration de la situation économique et politique.

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