Publié le 12 décembre 2023 à 08h30. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s’apprête à se rendre au Caire pour finaliser un accord majeur de fourniture de gaz naturel à l’Égypte, une initiative qui pourrait relancer les relations bilatérales malgré les tensions récentes.
- Netanyahu devrait rencontrer le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi pour signer un accord estimé à 35 milliards de dollars.
- Les États-Unis ont joué un rôle de médiateur dans les préparatifs de cette visite, qui intervient dans un contexte de tensions liées à la guerre à Gaza.
- L’accord gazier suscite des débats en Israël, certains craignant qu’il ne compromette la sécurité énergétique du pays.
Cette visite au Caire marquerait un tournant dans les relations israélo-égyptiennes, après une période de refroidissement diplomatique consécutive au déclenchement de la guerre à Gaza le 7 octobre 2023. Selon une source diplomatique américaine proche des préparatifs, les responsables israéliens travaillent depuis plusieurs jours avec des hauts diplomates américains pour organiser ce déplacement. Netanyahu souhaiterait d’ailleurs qualifier cette visite d’historique, et la présenter comme un succès diplomatique majeur, tant sur le plan national qu’international.
Le bureau du Premier ministre a cependant démenti toute connaissance de cette initiative, déclarant au Times of Israel : « Nous n’avons pas connaissance de cette affaire ». Néanmoins, des informations récentes indiquaient que les États-Unis cherchaient à organiser un sommet trilatéral réunissant le président américain, Netanyahu et al-Sissi, potentiellement en Floride, à la fin du mois.
L’ambassadeur d’Israël aux États-Unis, Yechiel Leiter, aurait joué un rôle clé dans les efforts visant à organiser ce sommet, agissant comme principal interlocuteur de Netanyahu auprès de Washington et des pays arabes, notamment la Syrie et le Liban, suite au départ de Ron Dermer de son poste de ministre des Affaires stratégiques le mois dernier.
Netanyahu s’est déjà rendu en Égypte à deux reprises sous la présidence de Hosni Moubarak, sa dernière visite officielle remontant à janvier 2011. D’autres voyages auraient eu lieu dans le plus grand secret.

Les relations entre Israël et l’Égypte sont tendues depuis le début de la guerre à Gaza, avec une absence de contact diplomatique direct entre Le Caire et Jérusalem pendant deux ans, hormis une coordination sécuritaire continue, notamment entre les services de renseignement des deux pays concernant la question des otages. Des désaccords récents ont également émergé concernant la gestion du point de passage de Rafah, l’accueil des réfugiés de Gaza et la possible participation de l’Égypte à une force internationale de stabilisation dans la bande de Gaza. Plus récemment, des tentatives de contrebande vers Israël à l’aide de drones ont encore exacerbé les tensions.
L’accord gazier, d’une valeur estimée à 35 milliards de dollars, reste complexe malgré les avantages économiques évidents pour les deux parties. Le ministre de l’Énergie israélien, Eli Cohen, a exprimé des inquiétudes quant à un éventuel épuisement des réserves de gaz naturel d’Israël, ce qui pourrait nuire à sa sécurité énergétique nationale, et a donc freiné la transaction. Selon le Times of Israel, Cohen a déclaré : « Je ne laisserai pas Netanyahu signer un accord tant que tous les détails ne seront pas réglés, y compris les désaccords en matière de sécurité que nous avons avec les Égyptiens ».

Netanyahu, quant à lui, considère cet accord comme une opportunité de renforcer les accords de paix avec les pays voisins et de promouvoir sa vision à long terme consistant à exploiter les ressources gazières d’Israël pour assurer des revenus stables à l’État.
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