Publié le 18 octobre 2025 03:30:00. New York est en pleine course à l’implantation de casinos, avec huit projets en lice pour l’obtention de l’une des trois précieuses licences disponibles, une décision qui pourrait transformer le paysage urbain de plusieurs quartiers et susciter des revenus considérables pour l’État.
- Huit projets de casinos ont été soumis pour examen, dont certains situés dans des zones sensibles comme Manhattan et le Bronx.
- Seules trois licences seront attribuées avant la fin de l’année, après une évaluation rigoureuse par un conseil d’État spécialisé.
- Le projet situé dans le Bronx, lié à un terrain de golf anciennement géré par l’organisation de Donald Trump, suscite une attention particulière en raison de son potentiel financier.
La ville de New York est sur le point de connaître une transformation majeure de son offre de divertissement. Après des années de débats, l’État a ouvert la voie à l’implantation de casinos dans la métropole, une décision qui a déclenché une véritable fièvre spéculative. Huit promoteurs se disputent les trois licences disponibles, avec des propositions allant de complexes luxueux à proximité de l’ONU à des projets plus modestes dans des quartiers populaires.
Le processus de sélection, lancé en juin dernier, a été jugé rapide par certains observateurs, les promoteurs devant verser une mise de 500 millions de dollars (environ 465 millions d’euros) par licence avant le 31 décembre. Une première phase d’évaluation, menée par des comités consultatifs communautaires (CAC) composés de représentants de l’État, de la ville et des districts concernés, a déjà permis de valider deux projets : l’un dans le sud-est du Queens et l’autre à Yonkers. Le Gaming Facilities Location Board, l’organisme décisionnel, tranchera définitivement.
Trois autres projets sont encore en attente de l’avis des CAC, tandis que trois autres ont été écartés, notamment celui situé à proximité du siège des Nations Unies à Manhattan. D’autres propositions pour Times Square et le quartier financier ont également été rejetées, soulignant la difficulté d’implanter des casinos dans les zones les plus emblématiques de la ville. Manhattan semble donc pour l’instant avoir été exclue de la distribution des cartes.
C’est dans le Bronx, le quartier le plus défavorisé de New York, qu’un projet attire particulièrement l’attention. Il s’agit d’un complexe ambitieux, lié à un terrain de golf que gérait autrefois la Trump Organization. Si le projet est approuvé, l’entreprise familiale de Donald Trump pourrait recevoir 115 millions de dollars (environ 107 millions d’euros) dans le cadre d’un accord conclu avec Bally’s, le promoteur du casino, en 2023. Bally’s avait déjà versé 60 millions de dollars (environ 56 millions d’euros) pour acquérir les droits d’exploitation du site. Le cadre offert par ce projet est particulièrement spectaculaire : le casino surplomberait les collines verdoyantes du terrain de golf, avec l’horizon de Manhattan en toile de fond.
L’ouverture de casinos à New York est le fruit d’une évolution législative amorcée en 2013, qui a permis d’élargir l’offre de jeux de hasard au-delà des hippodromes, des loteries d’État et des casinos situés sur les territoires indigènes. Une modification constitutionnelle a ensuite autorisé l’ouverture de quatre casinos dans le nord de l’État. En 2022, Albany, siège du Congrès de l’État, a approuvé un processus visant à attribuer trois licences dans le sud de l’État dans le cadre des négociations budgétaires.
Cette prolifération de casinos suscite de vives critiques. De nombreux habitants craignent que ces établissements ne modifient en profondeur – et négativement – le caractère des quartiers où ils seront implantés, y compris des lieux emblématiques comme Coney Island, avec sa célèbre plage, et Citi Field, le stade des Mets. À Coney Island, les riverains et les exploitants de parcs d’attractions se sont mobilisés contre le projet. Les communautés entourant Citi Field, dans un quartier à forte concentration de populations immigrées, ont également suggéré des alternatives en matière d’emploi. Les promoteurs se défendent en affirmant qu’ils sont tenus par la loi d’investir au moins 500 millions de dollars (environ 465 millions d’euros) dans les zones où ils s’implantent, que ce soit dans la construction de logements sociaux ou l’amélioration des transports en commun.
Selon une étude de City Limits, les nouvelles installations de jeux devraient générer 5,5 milliards de dollars (environ 5,1 milliards d’euros) de revenus bruts, 841 millions de dollars (environ 785 millions d’euros) d’impôts par an et créer 30 000 emplois.
