Un nouveau vaccin contre la COVID-19, développé par Nantkwest et ImmunityBio, est actuellement testé au Hoag Memorial Hospital Presbyterian de Newport Beach, en Californie. Chen Cao, un diplômé de l’UCI, est devenu la première personne sur 35 à recevoir une injection dans le cadre de cet essai clinique de phase 1.
L’essai, qui se déroule exclusivement au sein de l’hôpital Hoag, vise à évaluer la sécurité et l’efficacité du vaccin. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), 44 autres candidats vaccins sont actuellement en évaluation clinique à travers le monde, avec 154 autres en phase préclinique.
La plupart des vaccins en développement ciblent la protéine de pointe du coronavirus, responsable de son entrée dans les cellules humaines. Cependant, le vaccin de Nantkwest/ImmunityBio se distingue en ciblant également les nucléocapsides, des structures situées à l’intérieur du virus. Les chercheurs estiment que cette approche pourrait induire une réponse immunitaire plus durable grâce à l’activation des cellules T.
« Ce vaccin est innovant car il stimule les deux bras du système immunitaire, l’immunité à médiation cellulaire, ou réponse des cellules T », explique le Dr Philippe Robinson, directeur médical de Hoag pour la prévention des infections et investigateur principal de l’essai. Il ajoute que, sur la base des observations faites avec le SARS-CoV-1, les patients ayant développé une forte réponse en lymphocytes T ont bénéficié d’une immunité de longue durée, mesurable jusqu’à 17 ans après l’infection.
Selon l’entreprise, cette double approche pourrait également s’avérer plus efficace face aux mutations de la protéine de pointe, qui pourraient réduire l’efficacité des vaccins ciblant uniquement cette protéine.
Contrairement à certains autres candidats vaccins qui utilisent des adénovirus pour délivrer le matériel génétique, le vaccin de Nantkwest/ImmunityBio a été modifié pour éviter que le système immunitaire ne reconnaisse et n’attaque le vecteur viral avant qu’il ne puisse accomplir sa tâche. « Nous avons effectué des suppressions sur l’adénovirus qui le rendent invisible », précise le Dr Robinson.
L’essai clinique prévoit l’administration de deux injections, espacées de trois semaines. Un avantage logistique notable est que ce vaccin ne nécessite pas de stockage à des températures extrêmement basses, mais seulement une réfrigération standard. Il pourrait même rester stable à température ambiante pendant une période significative, et pourrait être administré par voie orale ou par pulvérisation nasale, en plus de l’injection.
Cinq volontaires ont reçu leur première injection mercredi dernier, et cinq autres recevront la leur cette semaine, selon Deborah Friedman, directrice de la recherche clinique de Hoag. Des pauses seront observées après chaque groupe de dix participants pour évaluer la sécurité, les effets secondaires et la réponse immunitaire.
L’objectif principal de cette phase 1 est de confirmer la sécurité du vaccin et de vérifier qu’il induit une réponse immunitaire. Si les résultats sont positifs, les phases 2 et 3, impliquant des centaines puis des milliers de participants, devraient débuter l’année prochaine.
L’hôpital Hoag a participé à plus de 20 essais cliniques sur la COVID-19 depuis qu’il a pris en charge le premier patient connu de l’État en janvier. L’établissement a également renforcé son service de recherche ces dernières années et est le seul hôpital du comté d’Orange à proposer l’essai clinique de phase 2 d’immunothérapie de Nantkwest et ImmunityBio pour les tumeurs solides.
Chen Cao, la première participante, devra signaler immédiatement tout effet secondaire à Hoag et tiendra un journal de suivi de son état de santé. Elle sera également soumise à des évaluations régulières et à des prélèvements sanguins.
Les personnes intéressées à participer à l’essai peuvent contacter Hoag à l’adresse suivante : [email protected].
