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Perspectives des tarifs : cahoteuse ! Mais revenons à notre point de départ

Les marchés financiers européens pourraient connaître une remontée des taux à court terme d'ici 2026, tandis que les indicateurs économiques américains restent mitigés, malgré un marché obligataire résilient. La Banque centrale européenne (BCE) anticipe un durcissement des conditions…

Perspectives des tarifs : cahoteuse ! Mais revenons à notre point de départ

Les marchés financiers européens pourraient connaître une remontée des taux à court terme d’ici 2026, tandis que les indicateurs économiques américains restent mitigés, malgré un marché obligataire résilient. La Banque centrale européenne (BCE) anticipe un durcissement des conditions monétaires à mesure que ses réserves diminuent.

Selon Isabel Schnabel, membre du directoire de la BCE, cette évolution s’inscrit dans le cadre d’une transition vers un nouveau fonctionnement de la politique monétaire. Les banques pourraient alors se tourner vers la BCE pour obtenir des liquidités, une situation que la BCE prévoit d’ici mi-2026, bien qu’un calendrier plus tardif soit également envisageable.

Parallèlement, les bons du Trésor américain affichent des signaux contradictoires. Les chiffres de licenciements pour le mois d’octobre, publiés jeudi, ont atteint 175 000, un niveau déjà observé en mars dernier (avec 200 000 licenciements). Des chiffres similaires, oscillant entre 200 000 et 400 000, avaient été enregistrés à la fin de 2022 et durant une grande partie de 2023, une période où les craintes de récession aux États-Unis étaient vives. La question est de savoir si la situation actuelle permettra aux personnes licenciées de retrouver un emploi aussi rapidement.

Les enjeux semblent plus importants cette fois-ci, compte tenu du contexte économique actuel. Néanmoins, les bons du Trésor se maintiennent au-dessus de 4%, malgré le manque de données claires, illustré par des enquêtes aux résultats divergents mercredi et jeudi.

La publication du rapport américain sur l’emploi d’octobre, initialement prévue vendredi, ne pourra pas avoir lieu en raison de la fermeture du gouvernement américain. Ce rapport aurait permis d’évaluer l’équilibre entre les suppressions et les créations d’emplois. De même, l’indice JOLTS, un indicateur clé de la dynamique du marché du travail, ne sera pas publié, privant les analystes d’un baromètre pour déterminer si les licenciements sont un phénomène conjoncturel ou structurel.

L’activité sur les actifs à risque a eu un impact limité sur les bons du Trésor. En fin de compte, le taux à 10 ans se maintient autour de 4,1%, sans écart significatif par rapport à son niveau de début de semaine.

Concernant la zone euro, les taux à court terme (ESTR) pour les emprunts au jour le jour non garantis ont atteint leur plus haut niveau par rapport au taux de la facilité de dépôt depuis 2021. Cependant, les taux de financement garantis, privilégiés par les banques pour gérer leurs liquidités, n’ont pas connu de hausse accélérée. Le taux au jour le jour du GC pooling oscille actuellement autour du taux de la facilité de dépôt, avec une variation de +/- 1 point de base en dehors des fins de mois.

Isabel Schnabel a souligné que, à terme, ces taux devraient également augmenter à mesure que la réduction du bilan de la BCE diminuera les réserves du système bancaire. Cette évolution devrait inciter les banques à recourir aux opérations de fourniture de liquidités de la BCE, qui restent toutefois coûteuses, avec une majoration de 15 points de base par rapport au taux de dépôt.

Les services de la BCE estiment que ce point de bascule pourrait être atteint dès la mi-2026, voire plus tard, vers la fin de 2027, en fonction des niveaux de réserves que les banques souhaiteront conserver. Cela laisse aux marchés un peu de temps pour s’adapter, mais souligne le potentiel de hausse des taux lié à cette transition, ce qui pourrait également affecter les écarts entre les obligations allemandes (Bund) et les taux OIS.

Enfin, le déremboursement du portefeuille obligataire structurel de la BCE pourrait être plus lointain, selon Isabel Schnabel, et ne serait envisagé qu’à un stade ultérieur, avec une concentration possible sur des titres à court terme. À l’heure actuelle, ce portefeuille continue de comprimer les rendements des obligations à 10 ans d’environ 60 points de base, selon les estimations de la BCE.

Vendredi, les marchés seront attentifs à l’indice de confiance des consommateurs de l’Université du Michigan, ainsi qu’aux chiffres du crédit à la consommation. Plusieurs responsables de banques centrales prendront également la parole : Nagel et Villeroy pour la BCE, Pill pour la Banque d’Angleterre (BoE), et Williams et Miran pour la Réserve fédérale américaine (Fed). La Belgique procédera à une petite adjudication facultative d’enquête inversée.

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.