Publié le 16 octobre 2025 07h30. Une nouvelle analyse révèle que les engagements pris dans le cadre de l’Accord de Paris sur le climat pourraient éviter des dizaines de journées de chaleur extrême chaque année, mais les scientifiques insistent sur la nécessité d’une action plus rapide pour limiter le réchauffement planétaire.
- Les mesures d’atténuation du changement climatique promises par les pays pourraient éviter 57 journées de chaleur extrême chaque année.
- L’Accord de Paris permettrait de limiter le réchauffement mondial à 2,6 °C d’ici la fin du siècle, contre 4 °C sans cet accord.
- Même avec ces engagements, des niveaux de chaleur dangereux et des inégalités importantes persisteront, soulignant l’urgence d’abandonner les combustibles fossiles.
Les engagements pris dans le cadre de l’Accord de Paris sur le climat, signé en 2015, commencent à porter leurs fruits, selon une analyse récente menée par World Weather Attribution en collaboration avec Climate Central. Cette étude démontre que les actions climatiques promises par les nations pourraient significativement réduire l’incidence des vagues de chaleur extrêmes à l’échelle mondiale.
Sans l’Accord de Paris, le monde pourrait connaître en moyenne 114 jours de températures exceptionnellement élevées chaque année d’ici la fin du siècle. Grâce aux engagements actuels, ce chiffre devrait être ramené à environ la moitié. Des pays comme le Kenya pourraient ainsi éviter 82 journées de chaleur extrême, le Mexique 77, le Brésil 69, l’Égypte 36, l’Australie 34, l’Inde et les États-Unis 30 chacun, le Royaume-Uni et la Chine 29, et l’Espagne 27.
Cependant, les chercheurs mettent en garde : même si toutes les promesses étaient tenues et que le réchauffement était limité à 2,6 °C (3,5 °F), des niveaux de chaleur dangereux persisteraient, avec des conséquences graves pour la santé et des inégalités accrues entre les générations. Ils soulignent que chaque fraction de degré supplémentaire de réchauffement augmente considérablement les risques.
Les scientifiques insistent sur la nécessité d’une transition plus rapide vers des sources d’énergie propres. Ils rappellent que les températures moyennes mondiales ont déjà augmenté de 0,3 °C (0,54 °F) au cours des dix dernières années, depuis la signature de l’Accord de Paris, ce qui a déjà entraîné en moyenne 11 jours de chaleur supplémentaires dans le monde. Cette augmentation a décuplé le risque de vagues de chaleur en Amazonie et doublé celui en Inde et au Pakistan.
L’Accord de Paris fixe l’objectif de limiter le réchauffement mondial bien en dessous de 2 °C (3,6 °F) et de poursuivre les efforts pour le limiter à 1,5 °C (2,7 °F). Bien que le réchauffement ait déjà atteint plus de 1,3 °C (2,34 °F), les émissions de gaz à effet de serre continuent d’augmenter.
La chaleur est déjà le facteur météorologique le plus meurtrier, causant environ un demi-million de décès chaque année. Le rapport souligne que les dangers liés à la chaleur ont été historiquement sous-estimés en raison de leur caractère moins visible que d’autres événements météorologiques extrêmes.
« L’Accord de Paris est un cadre puissant et juridiquement contraignant qui peut nous aider à éviter les impacts les plus graves du changement climatique. Cependant, les pays doivent faire davantage pour abandonner le pétrole, le gaz et le charbon. Nous disposons de toutes les connaissances et technologies nécessaires pour abandonner les combustibles fossiles, mais des politiques plus fortes et plus justes sont nécessaires pour avancer plus rapidement. »
Friederike Otto, professeure de sciences du climat au Centre de politique environnementale de l’Imperial College de Londres
Pour Friederike Otto, il est impératif que les dirigeants politiques prennent pleinement conscience de l’enjeu : « Il s’agit de protéger nos droits humains. Chaque fraction de degré de réchauffement – qu’elle soit de 1,4, 1,5 ou 1,7 °C – fera la différence entre la sécurité et la souffrance de millions de personnes. »
Lire : Rapport complet de l’Accord de Paris sur le climat
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