Les transferts de patients vers des établissements de soins de suite et de réadaptation sont entravés par des processus archaïques, entraînant des retards coûteux et compromettant la qualité des soins, selon une enquête récente.
Le problème, qui représente un coût estimé à 150 milliards de dollars (environ 138 milliards d’euros) par an, se manifeste par des patients hospitalisés plus longtemps que nécessaire en raison de l’incapacité à trouver rapidement un lit disponible dans un établissement approprié. L’étude met en lumière un paradoxe : malgré les avancées technologiques dans le secteur de la santé, le processus de référence reste étonnamment manuel et inefficace.
L’exemple d’une patiente de 82 ans victime d’un accident vasculaire cérébral (AVC) illustre parfaitement cette situation. Après avoir été stabilisée à l’hôpital, elle a dû attendre six jours supplémentaires dans un lit de soins intensifs, au coût de 2 000 $ (environ 1 850 €) par nuit, car personne ne pouvait confirmer la disponibilité d’un lit dans un centre de réadaptation acceptant Medicaid et spécialisé dans la prise en charge post-AVC. Le planificateur de sortie a effectué 23 appels téléphoniques et envoyé 14 fax sans obtenir de réponse.
Selon les experts, le problème ne réside pas dans un manque de lits, mais dans la difficulté d’obtenir des informations fiables et en temps réel sur les disponibilités. Les hôpitaux considèrent souvent les références comme une tâche administrative plutôt que comme un élément essentiel de la continuité des soins. Cette approche conduit à des retards, à une utilisation inefficace des ressources hospitalières et, finalement, à une prise en charge moins optimale des patients.
L’enquête souligne la nécessité d’automatiser et de rationaliser le processus de référence, en adoptant des solutions numériques qui permettraient de connecter plus efficacement les hôpitaux et les établissements de soins de suite et de réadaptation. Une meilleure coordination et une communication plus fluide pourraient non seulement réduire les coûts, mais aussi améliorer les résultats pour les patients.
