Les fabricants de sandwichs misent sur le mot « équilibré » pour séduire les consommateurs, mais un médecin américain met en garde contre une stratégie marketing trompeuse qui pourrait nuire à votre santé. Un simple seuil calorique ne suffit pas à garantir un repas réellement nourrissant.
C’est en regardant un match de football américain entre le Michigan et le Nebraska qu’un nouveau spot publicitaire a interpellé le Dr Larry Kaskel, interniste et spécialiste des lipides. La chaîne de restauration rapide en question vantait les mérites de son nouveau sandwich « équilibré » à 500 calories. « Entraînant. Commercialisable. Mais soyons honnêtes, c’est surtout du pain, un peu de viande transformée, et pas grand chose d’autre », a-t-il ironisé.
Selon le Dr Kaskel, réduire l’alimentation à un simple calcul de calories est une erreur. « Un repas de 500 calories composé de glucides raffinés augmente le glucose et détruit l’insuline d’une manière qu’une salade de 500 calories au saumon ne fera jamais », explique-t-il. La sensation de satiété est également un facteur crucial. Le pain blanc et la charcuterie sont rapidement digérés, ce qui peut entraîner une faim plus vive quelques heures après le repas. « Ce n’est pas ‘équilibré’ ; c’est une configuration pour une autre course de collations », affirme-t-il.
Le médecin souligne que l’appellation « équilibré » relève davantage d’une stratégie de marketing que d’une réalité nutritionnelle. Il n’existe aucune réglementation de la FDA (l’agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux) qui définisse précisément ce que signifie ce terme. « Cela signifie simplement ‘ça fait bien sur un panneau d’affichage’ », déplore-t-il.
Pour le Dr Kaskel, un repas véritablement équilibré doit combiner protéines, fibres, graisses saines et glucides en proportions adéquates. Il compare cette approche à une attaque équilibrée au football américain, où chaque élément a un rôle précis à jouer. À l’inverse, le sandwich « équilibré » de la chaîne de restauration rapide lui rappelle la défense du Nebraska en seconde période : « pleine de trous, épuisée et facile à battre ».
« En tant que médecins, nous devons rappeler aux patients que l’équilibre ne se trouve pas dans un slogan publicitaire ou dans un seuil de calories », conclut le Dr Kaskel. « On le trouve dans les aliments qui vous rassasient, alimentent la récupération et n’envoient pas votre glucose sur des montagnes russes. »
Sur le même sujet
